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Sciences Po Paris : placée en famille d’accueil à 3 ans, cette Réunionnaise de 17 ans y entre malgré tout

À 17 ans, Miranda Abbezzot s’apprête à franchir un cap que beaucoup de lycéens imaginent longtemps. Son parcours, pourtant, ne ressemble pas à une trajectoire linéaire. Il raconte surtout ce qui peut se construire lorsque le soutien, l’école et l’ambition trouvent leur place malgré les ruptures.

Pour cette jeune Réunionnaise originaire de Saint-Louis, la prochaine étape porte le nom d’une institution prestigieuse. Mais son message dépasse largement une admission ou un dossier scolaire réussi.

Un parcours marqué par les placements et la stabilité recherchée

Le portrait de Miranda Abbezzot, relayé le 11 septembre 2026 par LINFO.re et signé Matthieu Patou Parvedy, met en lumière une réalité souvent peu visible. Les jeunes ayant connu un placement sont encore peu nombreux à accéder aux études supérieures.

Miranda a été placée en famille d’accueil à l’âge de 3 ans. Elle a d’abord vécu douze ans au sein d’une première famille d’accueil. Elle a ensuite passé quelques mois dans une deuxième famille, avant de rejoindre une troisième famille d’accueil pendant deux ans.

Ces changements auraient pu faire de son histoire une succession de séparations. Elle les présente aussi comme trois périodes essentielles, portées par des adultes qui l’ont accompagnée selon les moments de sa vie.

La jeune femme dit conserver une profonde reconnaissance envers ces trois familles. Chacune, à sa manière, compte dans son parcours et dans la personne qu’elle est devenue.

La semaine précédant la publication de ce portrait, Miranda a été émancipée. Cette étape administrative et personnelle ouvre une nouvelle phase de son existence. Elle veut désormais tourner son énergie vers la protection des personnes vulnérables. Mais cette ambition repose aussi sur une conviction acquise très tôt.

Sciences Po Paris, une admission qui donne corps à son ambition

Miranda Abbezzot intègre Sciences Po Paris à seulement 17 ans. Cette admission est l’aboutissement d’un investissement scolaire qu’elle ne présente pas comme un hasard. Dès l’enfance, elle a compris que l’école pouvait devenir un point d’appui solide pour construire son avenir.

Dans les familles qui l’ont accueillie, un message revenait avec constance : l’école avait de l’importance. Cette attention portée à sa scolarité a nourri son désir d’avancer, sans effacer les difficultés liées aux placements successifs.

Son entrée à Sciences Po Paris prend donc une portée particulière. Elle montre qu’un enfant confié à l’aide sociale à l’enfance, souvent désignée par le sigle ASE, peut viser l’université, les grandes écoles et les carrières auxquelles il aspire.

Pour Miranda, il ne s’agit pas uniquement de réussir pour elle-même. Elle veut transformer son expérience en levier d’action. Elle envisage deux voies professionnelles précises : devenir juge des enfants ou exercer comme juriste dans une organisation non gouvernementale, une ONG.

Dans les deux cas, son objectif reste le même : défendre les enfants et les personnes les plus vulnérables de la société. Son admission ne clôt donc pas une histoire. Elle rend plus concrète une vocation déjà affirmée.

Reste à comprendre comment ce parcours personnel devient aussi une parole adressée à tous les jeunes concernés par le placement.

Ce que Miranda veut dire aux enfants accompagnés par l’ASE

Miranda Abbezzot refuse que le placement devienne une étiquette définitive. Son message aux enfants et adolescents qui vivent une situation proche est clair : leur parcours ne doit pas décider à leur place de ce qu’ils peuvent espérer.

Elle les encourage à ne pas renoncer à leurs projets. Elle estime qu’ils peuvent réussir s’ils conservent leur volonté d’avancer et s’autorisent à formuler de grandes ambitions.

Le placement ne définit pas toute une vie. Cette idée traverse son témoignage. Elle rappelle que les jeunes accompagnés doivent pouvoir se projeter aussi loin que les autres, qu’il s’agisse d’études longues, de concours, d’universités ou de grandes écoles.

Son propos ne repose pas sur une vision isolée de la réussite. Miranda appelle aussi à davantage de moyens pour la protection de l’enfance. Elle demande également une volonté politique plus forte afin que les jeunes suivis par l’ASE puissent construire leur avenir dans de meilleures conditions.

Cette demande concerne autant les parcours scolaires que l’accompagnement quotidien. Un jeune doit pouvoir être encouragé, soutenu et regardé pour ses capacités. Il ne devrait pas avoir à réduire ses projets à cause de son histoire familiale ou administrative.

La jeune Réunionnaise insiste sur une idée d’égalité des possibilités. Les enfants placés ont, selon elle, toute leur place dans les formations sélectives et dans les métiers qu’ils choisissent. Son propre chemin donne une résonance concrète à cette affirmation.

Son histoire invite aussi à regarder le rôle très précis des personnes qui accompagnent un enfant au fil des années.

Trois familles d’accueil, trois étapes et une même reconnaissance

Dans son récit, Miranda ne gomme aucune étape. Elle a connu trois familles d’accueil, avec des durées et des contextes différents. Pourtant, elle ne les oppose pas entre elles.

Étape du parcoursDurée indiquéePlace dans son histoire
Première famille d’accueilDouze ansUne présence majeure durant son enfance
Deuxième famille d’accueilQuelques moisUne période de transition
Troisième famille d’accueilDeux ansUn accompagnement avant son émancipation

La jeune femme souligne que ces familles l’ont soutenue à diverses périodes de sa vie. Elle leur exprime sa gratitude pour l’avoir accueillie, intégrée à leur foyer et encouragée avec confiance.

Cette reconnaissance ne masque pas les bouleversements que peuvent représenter plusieurs placements. Elle permet plutôt de rappeler qu’un accompagnement compte dans la durée, même lorsqu’il prend plusieurs formes.

À travers ses mots, Miranda salue les adultes qui ont cru en elle. Elle se dit très chanceuse d’avoir bénéficié de leur soutien et de leur présence.

Ce point est essentiel : l’ambition scolaire se nourrit aussi de relations concrètes. Un encouragement répété, une place reconnue dans une famille et l’importance accordée à l’école peuvent peser lourd dans un parcours.

Mais son témoignage évite un raccourci fréquent, celui qui consiste à réduire une réussite à une exception presque inaccessible.

Ce qu’il faut éviter de conclure trop vite sur les enfants placés

Le parcours de Miranda ne doit pas être lu comme une simple histoire individuelle, détachée de tout besoin collectif. Elle-même réclame davantage de ressources et d’engagement politique pour la protection de l’enfance.

Il serait également réducteur de penser qu’un enfant placé doit se satisfaire d’objectifs plus modestes. Miranda défend l’idée inverse : les mêmes ambitions doivent pouvoir être envisagées, y compris dans les universités et les grandes écoles.

Enfin, la réussite ne se limite pas à intégrer Sciences Po Paris. Son projet de devenir juge des enfants ou juriste en ONG montre qu’elle veut donner une utilité sociale à ce qu’elle a vécu.

Un portrait vidéo consacré à Miranda est également proposé par le Département de La Réunion. Son histoire porte une question simple, mais puissante : un enfant placé devrait pouvoir se demander jusqu’où il veut aller, plutôt que s’il a le droit de rêver grand.

À l’aube de son entrée à Sciences Po Paris, Miranda Abbezzot donne ainsi une forme concrète à cette ambition. Son parcours rappelle que le soutien reçu peut devenir, un jour, une force mise au service des autres.

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— Alexis