Chaque matin, des familles du Lamentin vivent la même incertitude au portail de l’école. Leur enfant aura-t-il un adulte devant la classe, ou sera-t-il réparti ailleurs pour la journée ?
Devant le rectorat de Martinique, leur mobilisation a mis en lumière une rentrée scolaire marquée par des réponses tardives et une inquiétude qui dépasse une seule journée. Les parents réclament surtout une garantie durable pour leurs enfants.
Au Lamentin, une rentrée placée sous le signe de l’incertitude
Une dizaine de parents d’élèves se sont rassemblés devant le rectorat de Martinique. Certains étaient accompagnés de leurs enfants, directement concernés par la situation dans plusieurs écoles primaires du Lamentin.
Selon les familles mobilisées, plusieurs classes n’avaient pas d’enseignant affecté depuis la rentrée scolaire. Cette absence ne concerne donc pas un simple ajustement ponctuel. Elle pèse sur l’organisation quotidienne des écoles et sur la continuité des apprentissages.
Une mère explique que, le jour de la rentrée, aucun enseignant n’avait été nommé dans la classe de son fils. Un professeur a finalement été désigné deux jours plus tard, mais il était alors en arrêt maladie jusqu’au 15 septembre, selon les informations communiquées à la famille.
Depuis, les remplacements changeraient chaque jour. Pour cette mère, cette succession d’adultes rend le suivi pédagogique difficile et alimente un sentiment de révolte. Une classe a besoin de repères, autant pour les élèves que pour les parents.
La question ne porte donc pas seulement sur la présence d’un enseignant à un instant donné. Elle concerne aussi la stabilité indispensable au bon déroulement de l’année scolaire.
À l’école Pierre Zobda Quitman, des élèves répartis dans d’autres classes
À l’école élémentaire Pierre Zobda Quitman, au Lamentin, un père décrit une situation tout aussi préoccupante. Son enfant est scolarisé en CE2, dans une classe qui n’avait toujours pas d’enseignant affecté depuis la rentrée.
Le parent affirme ne recevoir aucun retour précis. Chaque matin, les familles chercheraient à savoir si un professeur sera présent. Faute d’enseignant, les enfants seraient alors dispatchés dans les autres classes de l’établissement.
Cette solution permet d’accueillir les élèves, mais elle reste provisoire. Répartir un groupe dans plusieurs salles peut éviter qu’une classe reste sans surveillance. Cela ne répond toutefois pas à l’attente des parents, qui souhaitent un cadre stable et un enseignant identifié.
Pour les élèves de CE2, comme pour ceux des autres niveaux concernés, la répétition de ces ajustements peut compliquer les habitudes de travail. Les familles soulignent surtout l’impossibilité de savoir ce qui les attend le lendemain.
Cette absence de visibilité explique leur présence devant le rectorat. Elles voulaient obtenir une réponse immédiate, mais aussi des engagements pour la suite de l’année.
Une solution annoncée pour le jeudi, sans garantie pour les jours suivants
À leur arrivée au rectorat, les parents ont appris qu’une solution provisoire avait été trouvée. Il leur a été indiqué que toutes les classes des écoles du Lamentin disposeraient d’un enseignant ce jeudi.
Cette annonce constitue une avancée pour les familles. Elle répond à l’urgence d’une journée scolaire où chaque classe doit pouvoir fonctionner avec un adulte chargé de l’enseignement.
Mais cette réponse n’a pas suffi à apaiser les inquiétudes. Une mère a résumé le problème en rappelant que personne ne savait réellement ce qui se passerait le lendemain, ni encore moins le lundi suivant.
| Point soulevé par les parents | Situation décrite |
|---|---|
| Rentrée scolaire | Des classes sans enseignant affecté dans plusieurs écoles primaires du Lamentin. |
| Remplacements | Des intervenants différents peuvent se succéder d’un jour à l’autre. |
| CE2 à Pierre Zobda Quitman | Les élèves sont répartis entre différentes classes en l’absence d’enseignant. |
| Réponse du rectorat | Un enseignant annoncé dans toutes les classes du Lamentin pour le jeudi concerné. |
Les parents ne demandent donc pas une promesse limitée à une date précise. Ils veulent une organisation capable de tenir sur toute l’année scolaire, y compris lorsqu’un enseignant est absent.
Les familles réclament une réponse pérenne de la rectrice Cécile Laloux
Les parents mobilisés souhaitent désormais échanger directement avec la rectrice de Martinique, Cécile Laloux. Leur demande est claire : ne plus passer uniquement par des intermédiaires et pouvoir expliquer ce que vivent les enfants.
Ils réclament des réponses concrètes et pérennes pour l’ensemble de l’année scolaire. Derrière cette formulation, les familles demandent une affectation stable, une information compréhensible et une anticipation des absences.
Une délégation de parents d’élèves a finalement été reçue par la rectrice dans la matinée. Cette rencontre répond à leur volonté d’être entendus au plus haut niveau de l’académie de Martinique.
Cécile Laloux a récemment été nommée à la tête de l’académie. Elle a pris ses fonctions de rectrice de Martinique le 3 août 2026, soit peu avant cette rentrée scolaire mouvementée.
Pour les familles, le dialogue doit désormais déboucher sur des mesures observables dans les écoles. Car une réunion ne résout pas, à elle seule, l’incertitude ressentie au portail chaque matin.
Des enseignants disponibles, mais des affectations qui interrogent
Le manque d’enseignants avancé pour expliquer la situation ne convainc pas toutes les familles. Plusieurs parents disent avoir entendu que des enseignants seraient disponibles, sans être affectés dans les classes qui en ont besoin.
Un père résume leur incompréhension : si des professionnels sont disponibles, pourquoi certaines classes restent-elles sans titulaire ou sans remplaçant identifié ? Cette question devient centrale dans leur mobilisation.
Parmi les parents présents devant le rectorat figurait aussi une enseignante. Elle affirme être elle-même sans affectation, comme plusieurs de ses collègues.
Selon son témoignage, plus d’une dizaine d’enseignants se trouveraient dans cette situation. Cette information, portée par une professionnelle concernée, nourrit les interrogations sur la gestion des affectations au début de l’année.
- Les parents demandent de connaître les solutions prévues lorsqu’un professeur est absent.
- Ils souhaitent comprendre la situation des enseignants disponibles sans affectation.
- Ils réclament une continuité pédagogique qui ne repose pas sur des changements quotidiens.
Le sujet dépasse ainsi le seul constat d’une pénurie. Il porte aussi sur la capacité à faire correspondre les besoins des écoles et les personnels disponibles.
Ce que cette mobilisation change pour la suite de l’année scolaire
La mobilisation des familles du Lamentin rend visible une difficulté qui restait jusque-là vécue surtout dans les écoles. En se présentant devant le rectorat, les parents ont obtenu une solution annoncée pour le jeudi et une rencontre avec la rectrice.
Ils restent néanmoins vigilants. Leur attente porte sur les prochains jours, mais aussi sur chaque période de l’année où une absence pourrait à nouveau désorganiser une classe.
Dans ce contexte, l’information donnée aux parents devient essentielle. Savoir rapidement qui prendra une classe et pour combien de temps permettrait déjà de réduire l’incertitude vécue par les enfants.
Les familles du Lamentin attendent maintenant que les engagements se traduisent durablement dans les salles de classe. Pour elles, chaque élève doit pouvoir retrouver un enseignant et un cadre stable dès le début de la journée.
— Alexis




