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Carburants, eau, emplois : le collectif Nou Las Palé durcit le ton et exige des réponses concrètes

À Baie-Mahault, la colère s’est exprimée sans détour sur le parking du Vélodrome de Gourdeliane. Derrière cette mobilisation, trois sujets touchent directement la vie quotidienne et l’avenir économique de la Guadeloupe. Le collectif Nou Las Palé ne veut plus de promesses générales.

Il fixe désormais un délai aux responsables publics et attend des décisions mesurables. Les revendications portent sur des besoins essentiels, mais aussi sur la survie d’entreprises confrontées aux procédures de liquidation.

À Baie-Mahault, une mobilisation centrée sur trois urgences

Le collectif Nou Las Palé a tenu un grand meeting jeudi 1er octobre sur le parking du Vélodrome de Gourdeliane, à Baie-Mahault. Plusieurs organisations et représentants se sont rassemblés autour d’un même constat : la situation sociale et économique nécessite, selon eux, des réponses immédiates.

Trois dossiers dominent cette mobilisation : le prix des carburants, l’accès continu à une eau potable et la protection des entreprises ainsi que des emplois. Ces thèmes concernent autant les ménages, dépendants de leurs déplacements, que les professionnels confrontés aux charges et aux incertitudes économiques.

Le collectif a formalisé ses demandes dans une lettre ouverte destinée aux responsables publics de Guadeloupe. L’objectif n’est pas seulement d’alerter. Nou Las Palé demande l’organisation d’un travail concret, avec des engagements susceptibles d’être vérifiés.

Hubert Quiaba, porte-parole du collectif de défense modèle LCDM, a insisté sur l’impossibilité de banaliser les coupures d’eau et les liquidations d’entreprises. Pour les participants, les trois sujets sont liés par une même exigence : retrouver des conditions de vie et d’activité jugées acceptables. Reste à préciser les mesures réclamées sur chacun de ces fronts.

Ce que Nou Las Palé exige sur les carburants, l’eau et l’emploi

La première demande concerne les carburants. Nou Las Palé réclame un retour aux tarifs appliqués en 2023. Le collectif vise précisément un prix de 1,70 euro pour le gazole et de 1,85 euro pour le sans-plomb.

Cette revendication place le prix à la pompe au cœur du débat sur le pouvoir d’achat. Hubert Quiaba a souligné que l’augmentation de l’essence ne pouvait pas être traitée comme un problème secondaire. Pour le collectif, elle pèse sur les déplacements et, plus largement, sur le quotidien des Guadeloupéens.

La deuxième exigence porte sur l’eau. Nou Las Palé demande une obligation de résultat : une eau de qualité, disponible en quantité suffisante et sans interruption. Le collectif met donc l’accent sur la continuité du service, au-delà d’une simple annonce d’amélioration.

L’assainissement est également visé. Le collectif considère son fonctionnement actuel défaillant et réclame des mesures spécifiques. Enfin, sur l’économie, Nou Las Palé veut « stopper l’hémorragie » des fermetures et pertes d’emplois. Il demande l’ouverture immédiate d’une concertation sur les procédures de liquidation qui affectent des entreprises guadeloupéennes. La mobilisation prend ainsi la forme d’un calendrier très direct.

Une réponse attendue sous huitaine de la part des responsables publics

Dans sa lettre ouverte, Nou Las Palé demande aux responsables publics de répondre sous huitaine. Ce délai doit permettre, selon le collectif, de préparer une rencontre de travail autour des trois exigences formulées à Baie-Mahault.

La demande ne se limite pas à une prise de position. Le collectif attend des réponses qu’il juge proportionnées à la gravité de la situation. En l’absence de réponse satisfaisante, il annonce qu’il décidera des suites de sa mobilisation.

Cette stratégie marque un durcissement du ton. Un représentant du collectif a résumé cette position en affirmant que le temps des échanges sans effet devait prendre fin, au profit d’engagements suivis d’actes.

Le meeting a aussi reçu le soutien de Rodrigue Petitot, surnommé « Le R », président du collectif citoyen RPPRAC. Venu de Martinique, il a appelé à rapprocher les mobilisations de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane.

Son intervention donne une dimension interterritoriale au rassemblement. Il a évoqué l’idée d’une lutte menée ensemble par ces trois territoires. Cette présence ne modifie pas les demandes locales de Nou Las Palé, mais elle souligne la volonté de ne pas laisser chaque mobilisation agir isolément. La suite dépend donc désormais de la réaction institutionnelle attendue.

Les revendications en un regard

DossierDemande formulée par Nou Las PaléÉchéance ou suite attendue
CarburantsRetour aux tarifs de 2023 : gazole à 1,70 euro et sans-plomb à 1,85 euroRéponse des responsables publics sous huitaine
Eau potableObligation de résultat : eau de qualité, suffisante et disponible en continuOrganisation d’une rencontre de travail
AssainissementMesures face à un système jugé défaillant par le collectifRéponse concrète attendue dans le même cadre
Entreprises et emploisConcertation immédiate sur les procédures de liquidation d’entreprises guadeloupéennesDécision sur les suites de la mobilisation en cas de réponse insuffisante

Cette présentation montre que le collectif associe des objectifs chiffrés, notamment pour les carburants, à des obligations de service et de dialogue. L’eau, l’assainissement, l’activité économique et l’emploi sont traités comme des priorités parallèles.

Le choix d’un délai court traduit également une volonté d’obtenir autre chose qu’un échange de principe. Nou Las Palé réclame une réunion de travail, donc un cadre où les demandes pourraient être examinées et suivies.

La mobilisation intervient dans un contexte social plus large dans les territoires ultramarins. En Guyane, environ 350 personnes se sont mobilisées le mardi 29 septembre à Cayenne et Kourou, lors d’une journée nationale de grève dans la fonction publique. Mais les revendications portées à Baie-Mahault restent structurées autour de trois urgences locales précises.

Une mobilisation qui s’inscrit aussi dans un climat social régional

Le rassemblement de Nou Las Palé ne se déroule pas dans un vide social. La présence de Rodrigue Petitot, du collectif citoyen RPPRAC en Martinique, illustre une volonté de dialogue entre territoires confrontés à des préoccupations communes.

En Guyane, la mobilisation du 29 septembre a réuni environ 350 personnes à Cayenne et Kourou. Huit syndicats y étaient représentés : FO, CFDT, CFTC, FSU, Solidaires, UNSA, UTG et CFE-CGC.

Ces organisations réclamaient notamment la suppression du gel du point d’indice, la suppression du jour de carence et le recrutement de plusieurs personnels. Il s’agissait d’une journée nationale de grève dans la fonction publique, avec des revendications distinctes de celles de Nou Las Palé.

Le rapprochement évoqué par « Le R » ne signifie donc pas que tous les mouvements défendent un programme identique. Il met plutôt en avant une solidarité entre Guadeloupe, Martinique et Guyane, dans des contextes où les questions de services publics, de coût de la vie et d’emploi restent fortement présentes.

Pour Nou Las Palé, le test sera désormais concret : une réponse rapide, puis une rencontre de travail. Sans cela, le collectif a clairement indiqué qu’il envisagerait une nouvelle étape de mobilisation.

Ce qu’il faut retenir avant la prochaine échéance

Il serait réducteur de présenter cette mobilisation comme une seule contestation du prix de l’essence. Le collectif rassemble trois sujets différents : des tarifs de carburants chiffrés, la continuité de l’eau potable avec l’assainissement, puis la prévention des liquidations et des pertes d’emplois.

Il faut aussi distinguer une demande de concertation d’une mesure déjà décidée. À ce stade, Nou Las Palé formule des exigences et fixe un délai de huit jours aux responsables publics. Aucune réponse institutionnelle n’est rapportée dans les éléments rendus publics.

La prochaine séquence se jouera donc sur la capacité à organiser une discussion de travail et à apporter des engagements précis. Pour le collectif, les annonces ne suffiront pas : les réponses devront se traduire par des actes sur les carburants, l’eau et l’emploi.

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— Alexis