Un paquet de riz, quelques conserves ou des produits pour le petit-déjeuner peuvent sembler modestes dans un chariot. Pourtant, réunis sur trois jours, ces gestes permettent de remplir les réserves qui alimentent ensuite tout un réseau d’entraide. En Martinique, les besoins restent considérables et les gilets orange comptent sur chaque client jusqu’au dimanche 8 novembre.
Pourquoi cette collecte est essentielle en Martinique
La Banque alimentaire de Martinique organise sa deuxième collecte annuelle du 6 au 8 novembre 2026. Cette 29e édition s’inscrit dans la mobilisation du réseau des Banques Alimentaires de l’Hexagone et d’Outre-mer.
Pour ces associations, la collecte constitue un temps fort. Elle représente à elle seule 9 % des approvisionnements annuels des Banques Alimentaires. Trois jours peuvent donc influencer durablement les possibilités de distribution dans les mois suivants.
Le contexte rend cette mobilisation particulièrement importante. Environ 27 000 personnes vivent une situation de précarité sur l’île. La dépendance aux prestations sociales concerne par ailleurs 57 % des Martiniquais.
Derrière ces chiffres, il y a des familles qui doivent arbitrer entre alimentation, factures, transport ou dépenses de santé. L’aide alimentaire ne règle pas toutes ces difficultés, mais elle apporte un soutien immédiat et concret.
Christine Ratin, déléguée générale de l’association, rappelle que la collecte permet de ravitailler les stocks. Elle offre aussi au grand public une occasion simple de manifester sa solidarité envers les personnes en difficulté.
L’enjeu ne se limite toutefois pas à remplir des cartons. Les denrées données déterminent aussi ce que la Banque alimentaire pourra réserver à des actions plus spécifiques en fin d’année.
Ce que les dons de 2025 ont permis de distribuer
L’année dernière, la Banque alimentaire de Martinique a recueilli 48 tonnes de denrées durant sa collecte. Ce volume a représenté environ 240 000 repas distribués, une mesure très concrète de l’utilité des produits déposés en magasin.
L’association a alors aidé près de 21 000 personnes. Cela correspond à environ 10 500 familles accompagnées par le réseau de structures partenaires sur le territoire martiniquais.
Pour l’édition 2026, l’objectif est d’atteindre au minimum ce même résultat, voire de le dépasser. Cette ambition répond à une réalité simple : même 48 tonnes ne couvrent pas longtemps les besoins.
Selon Christine Ratin, cette quantité ne représente même pas deux mois de distribution pour certaines catégories de produits. Les réserves doivent donc être renouvelées sans interruption, en particulier pour les aliments secs et de première nécessité.
Tout au long de l’année, la Banque alimentaire doit également acheter des denrées. Elle s’appuie pour cela sur les dons de mécènes, les contributions de particuliers et les subventions publiques.
Plus les dons alimentaires sont nombreux pendant la collecte, plus le budget peut être consacré à d’autres besoins. L’association souhaite notamment préparer, à la fin de l’année, un colis plus festif pour que les bénéficiaires ne se sentent pas oubliés.
La manière de participer est donc très accessible. Encore faut-il choisir les bons produits et savoir où les remettre.
Comment contribuer dans les 63 points de collecte
La collecte repose sur un geste facile à intégrer à vos courses. Dans 63 points de collecte répartis sur l’île, des bénévoles accueillent les clients et recueillent les produits destinés à la Banque alimentaire de Martinique.
Ces équipes sont présentes dans les hypermarchés, les petites et moyennes surfaces, ainsi que dans de petites boutiques. Toutes les communes de Martinique sont concernées par l’opération.
Les bénévoles portent des gilets orange. Ils proviennent notamment d’associations partenaires comme le Secours catholique, la Société de Saint-Vincent-de-Paul, l’Assise et le Fourneau.
Voici le déroulement à suivre lors de vos achats :
- Repérez les bénévoles en gilet orange à l’entrée ou à la sortie du magasin participant.
- Demandez ou prenez le prospectus remis aux clients. Il indique les denrées acceptées pour la collecte.
- Ajoutez des produits secs et de base à votre panier, selon vos possibilités et les besoins signalés.
- Réglez normalement vos achats à la caisse, comme pour vos courses habituelles.
- Déposez vos dons auprès des bénévoles avant de quitter le magasin.
La collecte accepte les denrées sèches. L’idée est de privilégier des aliments faciles à transporter, à stocker et à redistribuer aux associations habilitées.
- Produits d’épicerie sèche
- Denrées alimentaires de base
- Conserves et produits longue conservation
- Produits correspondant à la liste communiquée sur le prospectus
Tous les produits secs sont bienvenus, à une exception près : l’alcool n’est pas collecté. Les produits frais et les aliments surgelés ne peuvent pas non plus être déposés.
Ce tri dès le magasin facilite toute la chaîne solidaire. Après votre don, plusieurs étapes discrètes prennent le relais pour que les produits arrivent réellement aux personnes accompagnées.
Du panier de courses jusqu’aux associations d’aide alimentaire
Les dons déposés en magasin ne sont pas distribués immédiatement. La Banque alimentaire de Martinique les achemine d’abord vers son local, où ils sont pris en charge selon une organisation précise.
| Étape | Ce qui est réalisé |
|---|---|
| Collecte en magasin | Les bénévoles reçoivent les denrées apportées par les clients. |
| Acheminement | Les produits sont transportés vers le local de la Banque alimentaire. |
| Pesée | Les dons sont pesés magasin par magasin. |
| Tri et enregistrement | Les denrées sont triées puis enregistrées avant leur redistribution. |
| Préparation des commandes | La Banque alimentaire compose les commandes destinées aux structures partenaires. |
| Livraison | Les commandes sont livrées aux associations caritatives conventionnées et habilitées. |
Cette organisation garantit une meilleure gestion des stocks. Elle permet aussi de connaître les volumes réellement collectés dans chaque magasin participant.
La distribution s’effectue ensuite par l’intermédiaire des associations caritatives autorisées à distribuer l’aide alimentaire. La Banque alimentaire prépare et livre leurs commandes, mais ce sont ces structures qui accompagnent directement les personnes et les familles.
Ce fonctionnement en réseau explique l’importance du tri, de l’enregistrement et des produits non périssables. Un don adapté est plus simple à conserver et plus rapide à orienter vers les bénéficiaires.
Il reste néanmoins quelques réflexes utiles à connaître avant de remplir votre sac de courses solidaire.
Les erreurs à éviter avant de déposer un don
La première erreur serait de déposer des produits frais ou surgelés. La collecte ne les accepte pas, car leur conservation exige une chaîne du froid qui ne correspond pas à cette organisation en magasin.
Évitez également l’alcool, qui est exclu des dons. Pour le reste, le prospectus remis sur place reste le meilleur repère pour choisir des denrées adaptées aux besoins de la collecte.
Ne sous-estimez pas les petites quantités. Un seul produit ne transforme pas un stock, mais des milliers de gestes similaires permettent d’atteindre des dizaines de tonnes. Les 48 tonnes collectées l’an dernier en sont l’illustration.
Enfin, ne reportez pas votre participation après le week-end. Les bénévoles en gilet orange sont mobilisés jusqu’au dimanche 8 novembre, dans les magasins participants de Martinique.
Lors de vos prochaines courses, ajoutez simplement une ou plusieurs denrées sèches à votre panier et remettez-les aux bénévoles. Ce geste soutient les associations qui permettent à l’aide alimentaire de parvenir aux 21 000 personnes accompagnées sur l’île.
La collecte peut dépasser le résultat de l’an dernier si chaque passage en magasin devient une occasion de contribuer. Pour beaucoup de familles, ce paquet déposé à la sortie représente bien plus qu’un produit de consommation.
— Alexis




