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Forêt du Tévelave : on vous paie pour arracher les plantes envahissantes et voici comment participer

Dans la forêt du Tévelave, certaines plantes gagnent du terrain au point d’étouffer progressivement les paysages végétaux les plus précieux de La Réunion. Une idée inédite pourrait bientôt transformer cette lutte écologique en action collective rémunérée. Mais il ne s’agira pas de partir seul en forêt avec une machette ou un sac.

Le projet prévoit une participation encadrée, ciblée et formée, avec une expérimentation locale avant toute extension. Derrière la promesse d’un complément de revenu, l’enjeu est surtout de rendre de l’espace aux espèces indigènes et endémiques de l’île.

Pourquoi les plantes envahissantes posent un problème majeur au Tévelave

La forêt du Tévelave, sur la commune des Avirons, est concernée par plusieurs espèces exotiques envahissantes. Le galabert, la longose, la vigne marronne et le goyavier y sont particulièrement présents.

Ces végétaux ne sont pas simplement visibles en bord de sentier. Lorsqu’ils s’installent, ils peuvent prendre la place de la flore locale, former des zones très denses et limiter la régénération des plantes originelles. Les espèces indigènes et endémiques perdent alors l’espace, la lumière et les ressources nécessaires pour se développer.

À La Réunion, la préservation de la biodiversité passe donc aussi par le contrôle de ces espèces introduites. Le sujet est concret pour les habitants, les promeneurs, les gestionnaires forestiers et les acteurs du Parc national de La Réunion.

Le maire des Avirons, Éric Ferrère, souhaite mobiliser directement les Réunionnais pour accélérer ce travail. Son idée repose sur un levier simple : donner une valeur économique aux végétaux retirés. Reste à savoir quelles plantes sont concernées et dans quelles conditions cette participation pourrait être possible.

La proposition : rémunérer l’arrachage de la longose et du galabert

Le principe envisagé par Éric Ferrère est de rémunérer les personnes qui aideraient à retirer certaines plantes exotiques envahissantes dans la forêt du Tévelave. La mesure reste toutefois une proposition et non un dispositif généralisé déjà ouvert au public.

Deux tarifs ont été évoqués pour cette expérimentation. Le premier concerne les rhizomes de longose. Le second vise le galabert, une autre plante très présente dans ce secteur forestier.

Plante concernéeMode de rémunération envisagé
Longose50 centimes par kilogramme de rhizome
Galabert1 euro, selon le tarif évoqué par le maire

La longose est au cœur du projet car son développement souterrain complique son élimination. Retirer seulement les parties visibles ne suffit pas nécessairement : les rhizomes, c’est-à-dire les tiges souterraines capables de contribuer à la repousse, constituent l’élément visé par la rémunération annoncée.

Pour Éric Ferrère, qui est aussi président du Parc national de La Réunion, attribuer une valeur économique à ces végétaux pourrait inciter davantage de personnes à participer. Son objectif est de faire reculer rapidement les espèces envahissantes afin de laisser la place aux plantes indigènes et endémiques.

Des habitants interrogés accueillent favorablement l’idée. Certains y voient une occupation utile pour de nombreuses personnes. D’autres estiment qu’une petite somme peut encourager l’effort. Une réaction rappelle aussi qu’un montant de 50 centimes ne convaincra pas forcément tout le monde. C’est précisément pourquoi l’organisation pratique sera décisive.

Comment participer si l’expérimentation est mise en place

La règle essentielle est claire : il ne faudra pas intervenir librement dans n’importe quelle zone de forêt. La collecte envisagée doit être encadrée, avec des participants formés et orientés vers des secteurs précisément définis.

À ce stade, aucune modalité d’inscription détaillée, aucune date de lancement et aucun point de collecte n’ont été annoncés. Pour participer, il faudra donc attendre le déploiement officiel de l’expérimentation dans la forêt du Tévelave par les acteurs compétents.

  1. Suivre l’annonce officielle de l’expérimentation. Le projet doit d’abord être testé au Tévelave avant une éventuelle extension à l’échelle de La Réunion.
  2. S’inscrire dans le cadre prévu. La participation ne reposera pas sur une cueillette spontanée. Elle devra s’effectuer dans une organisation définie.
  3. Recevoir la formation demandée. Les participants devront savoir reconnaître les espèces ciblées, dont la longose et le galabert.
  4. Respecter les zones attribuées. Les interventions seront limitées à des secteurs précis afin de protéger les milieux naturels et de coordonner l’action.
  5. Retirer les végétaux selon les consignes. Pour la longose, le poids des rhizomes est particulièrement important puisque le tarif annoncé est de 50 centimes par kilogramme.
  6. Remettre la collecte selon la procédure fixée. Les conditions de pesée, de contrôle et de versement devront être précisées lors du lancement.

Cette méthode encadrée répond à un impératif écologique. Une mauvaise identification peut conduire à arracher une plante qui ne doit pas l’être. Une intervention désorganisée peut aussi disperser involontairement des fragments végétaux ou fragiliser les sols.

La rémunération ne doit donc pas être comprise comme une prime à la récolte sans contrôle. Elle s’inscrit dans une opération de gestion des espèces exotiques envahissantes. Mais d’autres détails comptent pour que cette mobilisation aide réellement la forêt.

Pourquoi la formation et le ciblage des zones sont indispensables

Dans une forêt riche en végétation, reconnaître correctement une espèce demande de l’attention. Le galabert, la longose, la vigne marronne et le goyavier font partie des plantes citées dans le projet, mais elles ne doivent pas être confondues avec les végétaux indigènes ou endémiques présents sur le même territoire.

La formation prévue permettrait d’harmoniser les gestes. Elle donnerait aux participants des repères sur les plantes à retirer, les parties à collecter, les endroits où intervenir et les précautions à respecter sur le terrain.

Le choix de zones précises évite aussi de disperser les efforts. L’arrachage peut alors s’intégrer à une stratégie de restauration végétale, plutôt qu’à une succession d’actions isolées. L’enjeu n’est pas seulement de retirer une plante. Il s’agit de favoriser le retour durable de la végétation locale.

La forêt du Tévelave servira de terrain d’expérimentation. Si le dispositif produit les résultats attendus, le maire des Avirons envisage de l’étendre à l’ensemble de l’île. Cette phase pilote doit donc montrer si la participation citoyenne et la rémunération peuvent soutenir efficacement la lutte contre les invasions végétales.

Il faut également distinguer l’intention du projet de son application réelle. Cette nuance évite des démarches inutiles et protège les personnes qui voudraient aider dès maintenant.

Ce qu’il ne faut pas faire avant le lancement officiel

Ne partez pas arracher de la longose, du galabert, de la vigne marronne ou du goyavier dans l’espoir d’être payé. Aucune rémunération opérationnelle n’est annoncée à ce stade. Le projet doit d’abord être expérimenté dans la forêt du Tévelave.

Il ne faut pas non plus présumer qu’une plante rencontrée en forêt est envahissante. L’identification et les consignes de terrain relèveront de la formation prévue. Retirer un végétal sans cadre peut nuire à la végétation que l’opération cherche justement à préserver.

Enfin, le tarif de 50 centimes concerne expressément le kilogramme de rhizome de longose. Le montant d’un euro a été évoqué pour le galabert. Les modalités précises de calcul, de pesée et de paiement restent à définir par l’expérimentation.

Pour les Réunionnais intéressés, le bon réflexe sera donc de surveiller les annonces liées au lancement du dispositif au Tévelave. Si l’essai est confirmé, participer correctement pourrait associer un geste utile pour la biodiversité à une rémunération encadrée.

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— Alexis