À la Plaine des Cafres, le dernier week-end des vacances a pris des allures de grand rendez-vous familial. Entre les étals très fréquentés, les animations insolites et les animaux impressionnants, le public n’est pas venu seulement pour remplir son panier.
Près de 6 000 visiteurs ont découvert une fête où les savoir-faire agricoles et l’univers équestre se répondaient. Un mélange qui donne à ce haut lieu du Tampon une ambiance aussi gourmande que conviviale.
Une fête née de deux rendez-vous emblématiques du Tampon
Le site de Miel Vert, à la Plaine des Cafres, a accueilli la première édition de la Plaine en Fête. Organisé les 15 et 16 août 2026, ce nouveau rendez-vous réunissait deux manifestations bien connues dans la commune du Tampon.
La Fête de la Pomme de Terre et la Fête du Cheval ont en effet fusionné pour mettre à l’honneur producteurs agricoles et éleveurs. Le choix paraît naturel dans cette partie des Hauts de La Réunion, où les cultures maraîchères occupent une place importante.
La pomme de terre reste l’un des produits incontournables de la cuisine réunionnaise. Elle se cuisine souvent, se décline selon les recettes et rassemble toutes les générations autour d’habitudes simples.
La fête a ainsi permis de retrouver des agriculteurs, de parler variétés, de goûter aux usages locaux et d’observer les chevaux dans plusieurs animations. Mais l’un des grands intérêts de l’événement se trouvait aussi dans les paniers des visiteurs.
La pomme de terre, véritable vedette des étals
La réponse à l’enthousiasme du public se trouvait bien dans les sacs de légumes. Surnommée « patate » ou pomme de terre, elle était la star de la Plaine en Fête durant les 15 et 16 août.
Sur les stands, les prix allaient de 1,50 euro à 4 euros le kilo, selon les variétés proposées. Les producteurs ont constaté que les visiteurs achetaient volontiers, malgré la diversité des prix.
L’agriculteur Alain Corré espérait écouler entre 5 et 6 tonnes de sa production. Pour lui, la fréquentation et les achats semblaient confirmer l’attachement des Réunionnais à ce légume du quotidien.
Les recettes citées par les clients montrent d’ailleurs son incroyable polyvalence. Certains la préfèrent en gratin, d’autres en salade ou en friture. Le cari reste aussi une préparation très appréciée, preuve que la pomme de terre s’intègre naturellement aux tables créoles.
Au-delà des variétés courantes, la fête a permis de rappeler que certaines semences constituent un patrimoine agricole fragile. C’est précisément ce qui rendait un étal particulièrement intéressant pour les amateurs de produits rares.
La Mombasa, une variété ancienne devenue rare à La Réunion
Parmi les pommes de terre présentées à la Plaine des Cafres, la Mombasa attirait l’attention. Le producteur Antoine Lebihan lui porte un attachement particulier, car cette variété est liée à l’histoire de sa famille.
La semence de Mombasa a été ramenée à La Réunion par son grand-père. Selon Antoine Lebihan, cette pomme de terre remonte à 1940 et elle est devenue presque introuvable sur l’île en 2026.
Ce type de variété illustre la diversité que peut cacher un simple mot comme « patate ». Derrière chaque nom, il y a une semence, un mode de culture, une transmission familiale et parfois une production qui risque de disparaître.
Pour les visiteurs, acheter directement auprès d’un agriculteur permet aussi de mieux identifier ce qu’ils cuisinent. Une pomme de terre destinée au gratin, à la salade, à la friture ou au cari ne raconte pas toujours la même histoire.
La fête ne se limitait pourtant pas aux ventes et aux dégustations. Les organisateurs ont aussi transformé une tâche banale de cuisine en défi très suivi.
Le concours de la plus longue épluchure a départagé les plus habiles
Éplucher une pomme de terre est un geste quotidien. À la Plaine en Fête, ce geste est devenu une compétition, avec un concours de la plus longue épluchure de patate.
Une dizaine de participants se sont alignés, concentrés sur leur tubercule et leur outil. Comme l’a souligné Malika Techer, chacun avait sa technique, son matériel et sa propre pomme de terre.
Le défi était simple en apparence : retirer la peau en essayant de conserver un ruban le plus long possible. La précision comptait autant que la vitesse, car l’épluchure devait rester intacte.
| Élément du concours | Résultat |
|---|---|
| Nombre de participants | Une dizaine |
| Durée de l’épreuve | 3 minutes |
| Gagnante | Danielle |
| Longueur de l’épluchure gagnante | 87 cm |
Danielle a remporté la coupe avec une épluchure de 87 centimètres, après trois minutes de compétition. Cette animation légère a donné une place aux gestes simples de la cuisine, tout en créant un moment de spectacle.
Une fois les pommes de terre choisies et les concours terminés, les visiteurs pouvaient changer complètement d’univers. Car l’autre moitié de la fête se découvrait au rythme des sabots.
Calèches, démonstrations et balades pour approcher les chevaux
La Plaine en Fête associait les productions agricoles à la présence de chevaux. Les visiteurs pouvaient les voir en calèche, lors de démonstrations ou encore pendant des balades.
Pour les enfants, cette proximité était l’un des temps forts de la journée. Les chevaux pouvaient être approchés, caressés et observés de près dans un cadre pensé pour les familles.
Le plus grand cheval présenté pendant la fête pesait environ 900 kilos. Un gabarit impressionnant, qui n’a pas empêché les jeunes visiteurs de souligner la douceur et le calme des animaux.
Les promenades à cheval apportaient une autre manière de profiter du site de Miel Vert. Après l’agitation des étals et des animations culinaires, elles proposaient un moment plus tranquille, au contact direct des animaux.
Cette association entre marché agricole et rendez-vous équestre donne à la Plaine des Cafres une identité particulière. Reste néanmoins quelques repères utiles pour apprécier ce type de fête sans passer à côté de l’essentiel.
Ce qu’il faut retenir d’un rendez-vous agricole et familial
Le premier réflexe consiste à ne pas réduire la fête à une simple vente de pommes de terre. Les étals permettaient de comparer les prix, de découvrir plusieurs variétés et d’échanger avec les producteurs sur leurs cultures.
Il faut aussi regarder au-delà des pommes de terre les plus connues. La Mombasa, presque disparue de La Réunion selon Antoine Lebihan, rappelle la valeur des variétés anciennes et des semences transmises.
- Prévoir un panier ou un sac solide pour les achats de légumes vendus au kilo.
- Prendre le temps d’observer les démonstrations équestres avant une balade ou une approche des chevaux.
- Ne pas manquer les animations participatives, comme le concours d’épluchure, qui font vivre l’événement autrement.
La Plaine en Fête a surtout montré qu’un produit aussi familier que la pomme de terre peut devenir le point de départ d’une rencontre entre agriculture, cuisine, transmission et loisirs. À la Plaine des Cafres, les 6 000 visiteurs ont trouvé bien plus qu’un marché.
— Alexis




