Il y a un an, tout a changé pour Kesi, jeune Réunionnais de 12 ans vivant à l’île Maurice. Depuis, son quotidien ne ressemble plus à celui d’un collégien ordinaire, entre séjours hospitaliers, traitements et projets parfois suspendus.
Pourtant, au milieu de cette épreuve longue et imprévisible, lui et ses proches avancent sans renoncer. Une force discrète les accompagne à chaque étape.
Un diagnostic qui a bouleversé toute une famille
Le 28 juillet 2025, Kesi apprend qu’il est atteint d’une leucémie. Pour cet enfant et ses proches, l’annonce marque le début d’un parcours médical aussi intense que difficile à appréhender.
Dès le lendemain, le jeune garçon est transféré de l’île Maurice vers La Réunion. Il est pris en charge au CHU de Bellepierre, à Saint-Denis, par le service d’oncologie pédiatrique.
Ce déplacement rapide impose aussi une profonde réorganisation familiale. Sa mère quitte son travail à l’île Maurice afin de rester auprès de lui, jour et nuit, pendant les hospitalisations et les différentes phases de soins.
« Je suis à ses côtés jour et nuit. C’est ma place de maman », explique-t-elle. Mais elle rappelle que son fils reste celui qui affronte directement la maladie et ses traitements.
Dans une leucémie, les soins ne se limitent pas à quelques rendez-vous espacés. Ils peuvent rythmer toute la vie familiale, scolaire et sociale. Pour Kesi, cette réalité dure désormais depuis un an.
Et après les premières phases très éprouvantes, un nouveau temps de traitement s’est ouvert.
La phase de maintenance, un traitement toujours très présent
En mai 2026, Kesi est entré dans une phase dite de maintenance. Cette étape constitue une avancée dans son parcours, mais elle ne signifie pas que le combat est terminé.
La maintenance doit se poursuivre jusqu’en septembre 2027. Elle demande donc encore de la régularité, de la vigilance et une organisation importante pour l’enfant comme pour sa famille.
Chaque mois, Kesi reçoit une chimiothérapie à l’hôpital. Entre ces rendez-vous, il poursuit aussi son traitement à domicile avec des chimiothérapies orales et des corticoïdes.
Son quotidien reste ponctué par les prises de sang, les examens médicaux et les hospitalisations. Les équipes d’oncologie pédiatrique suivent son état de près, afin d’adapter sa prise en charge selon les besoins.
La famille a également traversé des périodes d’aplasie. Ces moments correspondent à une baisse importante des cellules sanguines, souvent liée aux traitements, et imposent une attention particulière.
Les effets de la chimiothérapie peuvent rendre certains jours plus difficiles que d’autres. Il faut aussi accepter que des sorties, des événements ou des projets soient annulés au dernier moment.
Cette phase de maintenance apporte donc un cadre, mais elle laisse peu de place à l’improvisation. C’est précisément dans cette durée que le courage de Kesi se révèle.
À 12 ans, Kesi continue aussi son parcours scolaire
La maladie a bouleversé la vie de Kesi, sans éteindre son envie d’apprendre. Malgré les absences et les soins, il a continué à suivre une partie de ses cours à distance.
Cette continuité scolaire représente un défi concret. Entre la fatigue, les hospitalisations et les traitements, il faut trouver un rythme compatible avec les exigences du collège.
Son travail a été récompensé. Alors qu’il était en classe de 5e, Kesi a obtenu les félicitations de son collège, une distinction qui salue sa persévérance au cours de l’année.
À la prochaine rentrée, il intégrera la classe de 4e. Cette étape compte pour lui, car elle maintient un lien avec les apprentissages, les repères scolaires et une forme de continuité malgré la maladie.
Pour de nombreux enfants suivis en oncologie pédiatrique, l’école reste davantage qu’un programme à rattraper. Elle permet de se projeter, de conserver des objectifs et de préserver une place d’élève.
Chez Kesi, les résultats scolaires ne font pas oublier les difficultés. Ils témoignent plutôt d’une détermination construite au fil des mois, entre les cours à distance et les contraintes du traitement.
Mais cette persévérance s’inscrit aussi dans un entourage qui refuse de le laisser affronter cette période seul.
Une chaîne de soutien entre La Réunion, Maurice et d’autres pays
Autour de Kesi, la mobilisation a dépassé les frontières de son île d’origine. Sa famille dit avoir reçu des milliers de messages, de prières et de témoignages depuis La Réunion, l’île Maurice, la métropole et d’autres pays.
Ces marques d’attention ne remplacent pas les soins médicaux. Elles apportent toutefois un soutien moral précieux dans une période où l’attente, l’inquiétude et les changements de programme sont fréquents.
La mère de Kesi insiste sur la gratitude de la famille envers cette chaîne de solidarité. Chaque message reçu rappelle à l’enfant et à ses proches qu’ils ne traversent pas cette épreuve dans l’isolement.
Le soutien prend plusieurs formes. Il peut venir de la famille, des amis, des communautés religieuses, des soignants, des enseignants ou de personnes touchées par son histoire.
- La famille assure une présence quotidienne auprès de Kesi.
- Le CHU de Bellepierre accompagne le jeune patient dans son traitement d’oncologie pédiatrique.
- Les proches et inconnus envoient messages, témoignages et prières.
- Le collège reconnaît ses efforts malgré les absences et les cours à distance.
Cette solidarité ne supprime pas les jours difficiles. Elle aide cependant la famille à garder un horizon, même lorsque le calendrier médical impose ses propres règles.
La foi, une ressource pour traverser les jours d’incertitude
La force qui porte la famille de Kesi est clairement exprimée par sa mère : la foi en Dieu. Elle explique que cette foi est présente depuis le premier jour du diagnostic.
Pour elle, il ne s’agit pas de nier la gravité de la situation ni la fatigue accumulée depuis juillet 2025. La foi ne fait pas disparaître les hospitalisations, les chimiothérapies ou les périodes de découragement.
Elle permet plutôt de traverser ces moments avec une espérance renouvelée. « Il y a des jours de joie et des jours de découragement », confie la mère de Kesi.
Certains projets doivent être reportés à cause du traitement. D’autres espoirs reviennent après une période plus compliquée. Dans ces fluctuations, la famille dit choisir de faire confiance à Dieu à chaque étape.
Cette dimension spirituelle s’ajoute au soutien médical et familial. Elle donne du sens à une attente qui peut sembler interminable, surtout lorsque le traitement doit se prolonger jusqu’en septembre 2027.
La chaîne de prière reçue de plusieurs territoires devient ainsi un soutien quotidien. Pour la mère de Kesi, cet élan ne se mesure pas seulement au nombre de messages, mais à la présence qu’il représente.
Reste à composer avec une réalité essentielle : dans un tel parcours, chaque progrès demande aussi de la patience.
Ce qu’il faut retenir d’un combat qui se poursuit
La phase de maintenance de Kesi est une étape importante, mais elle reste exigeante. Les rendez-vous mensuels de chimiothérapie à l’hôpital, les médicaments à domicile et les contrôles médicaux font encore partie de son quotidien.
Il serait donc trompeur de voir cette période comme un retour immédiat à une vie sans contraintes. La maladie impose toujours des précautions, des adaptations scolaires et parfois des renoncements temporaires.
Les périodes d’aplasie rappellent aussi que l’état de santé peut évoluer au fil des traitements. La famille doit conserver une grande capacité d’adaptation, même après un an de parcours.
Dans ce contexte, les félicitations obtenues au collège prennent une résonance particulière. Elles montrent que Kesi continue de construire son avenir, malgré les obstacles posés par la leucémie.
Entouré de sa mère, de sa famille, des équipes soignantes et d’une vaste chaîne de prière, Kesi poursuit désormais son chemin vers la rentrée en 4e. Chaque mois de traitement franchi est une étape de plus, portée par le courage et l’espérance.
— Alexis




