L’énergéticien allemand Eon a annoncé mardi vouloir investir 27 milliards d’euros dans la transition verte en Europe au cours des cinq prochaines années, une grande partie de la somme devant être consacrée à l’extension du réseau énergétique.

Entre 2021 et 2030
Entre 2021 et 2030, le groupe de Essen (ouest) compte engager 22 milliards d’euros pour moderniser son réseau électrique sur le continent et 5 milliards d’euros pour étendre ses solutions numériques pour la gestion des infrastructures, selon un communiqué publié en ouverture d’une journée consacrée aux investisseurs.

Alors que le prochain gouvernement allemand compte avancer à 2030 la sortie du charbon, contre 2038 à ce jour, la décarbonation des économies «signifie que le secteur de l’énergie est confronté à une décennie clé de croissance», commente Leonhard Birnbaum, PDG d’Eon.

Le groupe est «idéalement positionné pour tirer parti de cette opportunité» avec environ 50 millions de clients en Europe et le plus grand réseau de distribution du continent comme colonne vertébrale de cette transformation, ajoute-t-il. «Sans notre infrastructure, il n’y aura pas de transition énergétique», renchérit Thomas König, responsable des réseaux d’énergie au sein du Directoire d’Eon. Il va s’agir d’ici 2026 de connecter «35 à 40 gigawatts supplémentaires d’énergies renouvelables à nos réseaux», précise-t-il.

Projets multiples
A cela s’ajoute l’installation de «millions de pompes à chaleur, de systèmes de stockage de batteries et d’électromobilité», avec la construction d’environ 5.000 nouvelles bornes de recharge rapide d’ici 2026. Eon veut aussi aider les PME industrielles à avoir l’accès à l’hydrogène, avec des projets tels que «H2.Ruhr» en Rhénanie du Nord-Westphalie, une région industrielle encore tributaire du charbon.

Autre moteur du changement, la «smartification» des réseaux physiques, qui permet d’observer et contrôler depuis son téléphone portable l’adéquation entre l’offre et la demande d’électricité, explique Victoria Ossadnik, qui chapeaute le département numérique d’Eon.

La rentabilité du groupe doit elle s’améliorer avec un bénéfice d’exploitation (Ebitda) pour le coeur de métier appelé à grimper de 4% par an en moyenne pour atteindre 7,8 milliards d’euros en 2026. Le dividende doit lui croitre de 5% par an d’ici 2026. Malgré tout, la Bourse de Francfort sanctionnait le titre mardi matin, Eon cédant 4,1% à 09H15 GMT, bon dernier d’un Dax en recul de 1,3%.

By Isa