Une fenêtre d’aide vient de s’ouvrir après un épisode de sécheresse qui a fragilisé de nombreuses exploitations. Pourtant, entre les déclarations à déposer, les calendriers distincts et les dispositifs qui se superposent, il est facile de laisser passer une possibilité d’indemnisation.
En Martinique, la décision officielle concerne plusieurs filières agricoles sur tout le territoire. Le calendrier est précis et certaines démarches ne resteront accessibles que quelques semaines.
Pourquoi cette reconnaissance change concrètement la situation des exploitants
La sécheresse survenue entre juin et août 2026 a entraîné des pertes de récoltes et de production agricole en Martinique. Face à ces dommages, l’arrêté de reconnaissance de calamité agricole a été signé.
Naïma Moutchou, ministre des Outre-Mer, a autorisé l’intervention du fonds de secours Outre-Mer. Ce dispositif a vocation à indemniser les pertes directement liées à cet épisode de sécheresse.
Cette reconnaissance ne constitue pas une aide automatique. Elle ouvre un cadre d’indemnisation, mais chaque exploitant concerné devra effectuer une déclaration de dommages agricoles et transmettre les justificatifs demandés.
L’enjeu est donc double : identifier la bonne aide selon la nature du préjudice, puis respecter la période de dépôt. Car les pertes de récoltes ne suivent pas la même logique que les pertes affectant durablement les moyens de production.
La reconnaissance couvre l’ensemble de la Martinique et vise des activités très différentes, de l’élevage à la production de vanille. Reste à savoir précisément quelles filières sont concernées et ce que finance le dispositif.
La réponse : le fonds de secours Outre-Mer pour les pertes de récoltes et de production
L’aide rendue possible par l’arrêté repose sur l’intervention du fonds de secours Outre-Mer. Il doit permettre d’indemniser les pertes de récoltes et de production provoquées par la sécheresse de l’été 2026.
Le périmètre est large, puisque l’indemnisation est ouverte aux exploitations relevant des secteurs suivants sur l’ensemble du territoire martiniquais :
- Élevage
- Prairie
- Maraîchage
- Arboriculture
- Banane export
- Canne à sucre
- Apiculture
- Vanilles et épices
Cette liste compte car les conséquences d’une sécheresse varient fortement. Une prairie dégradée peut peser sur l’alimentation du bétail. Le maraîchage, l’arboriculture et la banane export peuvent subir des pertes de volume ou de qualité. L’apiculture dépend aussi de la disponibilité des ressources florales.
La décision prévoit également une autre perspective : la reconnaissance de calamité agricole permet à la Collectivité Territoriale de Martinique d’enclencher la procédure de mobilisation du FEADER pour les pertes de fonds. Le Fonds européen agricole pour le développement rural relève d’une démarche distincte, tournée vers des dommages plus durables.
Autrement dit, le fonds de secours Outre-Mer concerne ici les récoltes et la production. Les pertes de fonds peuvent relever d’une mobilisation du FEADER par la collectivité. Mais encore faut-il déposer la bonne demande dans les délais impartis.
Comment déclarer les dommages agricoles entre le 16 novembre et le 16 décembre 2026
Le guichet dédié à l’indemnisation des pertes de récoltes ouvrira à partir du 16 novembre 2026. Les déclarations devront être déposées sur la plateforme « mes démarches numériques ».
La période de dépôt est limitée. La plateforme sera accessible du 16 novembre au 16 décembre 2026, soit un mois pour transmettre le dossier de déclaration de dommages agricoles.
Pour éviter un dépôt incomplet, il est utile de préparer les éléments disponibles avant l’ouverture du guichet. Les critères d’éligibilité et le modèle de formulaire, avec le détail des pièces à fournir, seront prochainement publiés sur le site de la DAAF Martinique, la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt.
- Vérifiez votre filière. Assurez-vous que l’activité déclarée appartient bien à l’un des secteurs ouverts à l’indemnisation : élevage, prairie, maraîchage, arboriculture, banane export, canne à sucre, apiculture, vanilles ou épices.
- Identifiez les dommages liés à la sécheresse. La déclaration concerne les pertes de récoltes et de production engendrées entre juin et août 2026.
- Consultez les documents de la DAAF Martinique. Les critères et le formulaire officiel permettront de connaître les pièces justificatives exigées avant la transmission.
- Déposez la déclaration sur « mes démarches numériques ». Le dépôt doit intervenir pendant l’ouverture du guichet, entre le 16 novembre et le 16 décembre 2026.
- Conservez une trace de votre démarche. Garder les documents transmis et l’accusé de dépôt facilite le suivi du dossier si des éléments complémentaires sont demandés.
La précision des informations déclarées sera essentielle pour relier le préjudice à l’épisode de sécheresse reconnu. Un autre guichet, déjà ouvert pour soutenir la trésorerie agricole, suit toutefois un calendrier encore plus proche.
Le fonds de réarmement agricole reste accessible jusqu’au 15 novembre
En parallèle de l’indemnisation des pertes de récoltes, la Martinique dispose d’un fonds de réarmement agricole. Il s’agit d’un fonds exceptionnel de soutien en trésorerie créé dans le cadre du plan Climat – Adaptation – Sécheresse – Incendies, ou plan CASI.
Étienne Desplanque, préfet de Martinique, rappelle que ce dispositif vise à aider les agriculteurs confrontés à des besoins immédiats de trésorerie. Il ne faut donc pas le confondre avec le guichet d’indemnisation des dommages de récolte lié à la reconnaissance de calamité agricole.
| Élément | Situation annoncée |
|---|---|
| Dossiers déposés | Plus de 740 |
| Dossiers instruits ou en cours d’instruction | 600 |
| Premiers versements effectués | 480 000 euros |
| Dossiers concernés par ces premiers versements | Une première centaine |
Le guichet de ce fonds, également disponible sur « mes démarches numériques », devait initialement fermer le 31 octobre 2026. Sa fermeture est finalement repoussée au 15 novembre 2026.
Cette prolongation doit permettre au plus grand nombre d’agriculteurs d’émarger à ces aides. Pour les exploitants concernés, la date du 15 novembre mérite donc une attention particulière, car elle précède l’ouverture du guichet calamité agricole du 16 novembre.
Deux dispositifs, deux objectifs : les erreurs à éviter
La première erreur serait d’attendre le 16 novembre pour toutes les aides. Le fonds de réarmement agricole ferme le 15 novembre, tandis que le dépôt pour les pertes de récoltes commence le lendemain.
La deuxième consiste à confondre un soutien de trésorerie avec une indemnisation de dommages agricoles. Le fonds de réarmement agricole relève du plan CASI. Le fonds de secours Outre-Mer intervient, lui, au titre des pertes de récoltes et de production liées à la sécheresse reconnue.
Enfin, il ne faut pas présumer des conditions précises d’éligibilité. Elles seront détaillées avec le modèle de formulaire et la liste des pièces à fournir sur le site de la DAAF Martinique.
Les exploitants concernés ont intérêt à suivre ces publications et à organiser leurs justificatifs sans attendre l’approche de la fermeture. Le bon réflexe consiste désormais à distinguer les deux échéances et à déposer chaque demande sur le dispositif correspondant.
— Alexis




