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Collectif Nou Las Palé : « Soit ils réagissent, soit nous entrons en rapport de force » — l’ultimatum est lancé

La mobilisation marque une pause, mais le message se durcit en Guadeloupe. Face à l’absence de rencontre commune avec les autorités, le collectif Nou Las Palé estime avoir atteint un point de rupture. Ses porte-parole préviennent désormais que l’accalmie observée ces derniers jours pourrait n’être qu’un répit.

Pourquoi le dialogue entre Nou Las Palé et les institutions se bloque

Le collectif Nou Las Palé réclame une réunion unique, autour d’une même table, avec le préfet et les responsables des collectivités. Cette demande a été réaffirmée lors d’une conférence de presse organisée le mercredi 28 octobre aux Abymes.

Les représentants du mouvement veulent obtenir des réponses concrètes aux difficultés vécues par une partie de la population guadeloupéenne. Pour eux, des échanges séparés avec chaque institution ne permettent pas de construire une solution globale.

La tension dure depuis les blocages engagés le 14 octobre, notamment aux abords de la zone de Jarry. Cette zone économique majeure a constitué l’un des points visibles de la mobilisation, dans un contexte marqué par la vie chère, le prix des carburants et les défaillances des services publics.

Le préfet Thierry Devimeux conteste cependant la représentativité de Nou Las Palé. Il considère que les sujets soulevés peuvent être abordés avec des organisations déjà reconnues comme interlocutrices des pouvoirs publics.

Cette position est rejetée par les membres du collectif. À leurs yeux, les difficultés du territoire concernent tous ceux qui les subissent, qu’ils appartiennent ou non à une structure institutionnellement reconnue. C’est précisément sur cette question de légitimité que le conflit se cristallise.

Le collectif affirme représenter des réalités vécues sur le terrain

Lors de la conférence des Abymes, plusieurs figures de Nou Las Palé étaient présentes : Hubert Quiaba, José Gaddarkhan, Ludovic Tolassy, Samuel Damo, Alex Bandou et Éric Coriolan. D’autres membres du collectif les accompagnaient.

Hubert Quiaba refuse l’idée selon laquelle seuls les représentants habituels pourraient porter les revendications sociales. Selon lui, toute personne confrontée aux problèmes de la Guadeloupe doit pouvoir les dénoncer et participer à une mobilisation.

Il a renouvelé son appel à la population. Il a aussi vivement critiqué le préfet Thierry Devimeux, jugeant certains de ses propos insultants. Les élus ont également été mis en cause par le porte-parole, qui les a qualifiés de « lâches ».

Hubert Quiaba a décrit un mouvement prêt à franchir un seuil supplémentaire, tout en assurant qu’il reste disponible pour d’autres méthodes. Traduit du créole, son propos est sans ambiguïté : « On passe à un autre stade. Nous sommes prêts à sacrifier ce que nous avons de plus cher. C’est parce que nous n’en pouvons plus. Nous sommes prêts. »

Il ajoute néanmoins que le collectif peut entendre des propositions extérieures si elles permettent de faire progresser la Guadeloupe. Cette ouverture au dialogue contraste avec la fermeté du ton. Mais encore faut-il que les institutions acceptent un cadre de discussion commun.

Les douze revendications vont bien au-delà du prix à la pompe

Le carburant est l’une des demandes les plus précises de Nou Las Palé. Le collectif réclame un litre de sans-plomb à 1,18 euro et un litre de gazole à 1,20 euro.

Ces chiffres s’accompagnent d’exigences sur la formation des prix. Le mouvement demande davantage de transparence sur les mécanismes tarifaires, ainsi qu’une diversification des fournisseurs. L’objectif affiché est de mieux comprendre le coût final payé par les automobilistes et de réduire leur dépendance à un système jugé insuffisamment lisible.

ThèmeDemandes et préoccupations exprimées
CarburantsSans-plomb à 1,18 euro le litre, gazole à 1,20 euro, transparence des prix et diversification des fournisseurs
Eau potableTravaux sur les réseaux et réponse aux coupures d’eau
Vie quotidienneLutte contre la vie chère et amélioration des conditions de vie
Économie et emploiSoutien aux entreprises et à l’emploi
Services publicsConditions d’accueil dans les écoles, justice, santé et précarité médicale
Activités et territoirePêche professionnelle et foncier

Le collectif indique porter douze exigences au total. Elles couvrent l’accès à l’eau potable, les réseaux dégradés, l’emploi, les entreprises, les écoles, la pêche professionnelle, la justice et le foncier.

Ludovic Tolassy insiste sur cette diversité. Les membres viennent de secteurs différents et chacun apporte son expérience aux revendications communes. Le mouvement ne veut donc pas être réduit à une seule contestation sur l’essence ou le gazole.

Comment Nou Las Palé veut obtenir des décisions concrètes

La méthode défendue par le collectif est claire : réunir en une seule fois l’État, les collectivités et les acteurs concernés. Nou Las Palé estime qu’un échange collectif permettrait de confronter les responsabilités et de prendre des décisions au lieu de multiplier les rendez-vous isolés.

  1. Réunir le préfet et les présidents des collectivités afin que les institutions concernées soient présentes au même moment.
  2. Examiner les douze revendications avec des réponses identifiables sur les carburants, l’eau, l’emploi, la pêche, l’école, la justice et le foncier.
  3. Clarifier la formation des prix des carburants, notamment pour le sans-plomb et le gazole.
  4. Engager des travaux sur les réseaux d’eau pour répondre aux coupures dénoncées par le collectif.
  5. Prendre des mesures sur la vie chère et les difficultés rencontrées par les entreprises et les salariés.

José Gaddarkhan affirme que le document contenant les revendications a été adressé aux autorités. Il regrette qu’aucune réponse n’ait été apportée jusqu’à présent. Selon lui, les responsables proposent surtout de recevoir séparément les membres de Nou Las Palé.

Le collectif ne souhaite pas ce format. Il estime qu’une succession de rencontres distinctes risque de repousser les décisions ou de diluer les responsabilités entre plusieurs institutions.

Une réunion avec des représentants économiques s’est bien tenue le 23 octobre. Toutefois, Nou Las Palé conteste avoir refusé une invitation officielle à une autre rencontre envisagée avec le préfet. Ce désaccord sur les conditions mêmes du dialogue nourrit la défiance.

Eau, santé, entreprises : les difficultés mises en avant par le mouvement

Pour Ludovic Tolassy, les coupures d’eau illustrent une crise plus large. L’accès régulier à l’eau potable reste une préoccupation centrale dans plusieurs zones de Guadeloupe, avec des conséquences directes sur les familles, les établissements scolaires et les activités économiques.

Il évoque également une forme de précarité médicale. Le collectif dénonce un « deux poids, deux mesures » dans la façon dont certaines situations sont traitées, sans détailler publiquement les cas visés lors de cette conférence de presse.

Les entreprises font aussi partie des préoccupations citées. Le mouvement associe les difficultés économiques aux coûts du transport, de l’énergie, du carburant et à la cherté générale de la vie sur l’archipel.

La pêche professionnelle et le foncier figurent dans les revendications, preuve que le collectif cherche à réunir des enjeux sociaux, économiques et territoriaux. Les conditions d’accueil dans les écoles et le fonctionnement de la justice sont également intégrés à cette plateforme.

Cette accumulation de sujets explique la volonté affichée de ne pas limiter la discussion à une mesure ponctuelle. Reste toutefois à savoir si les autorités accepteront de traiter ces dossiers dans le cadre demandé.

Ce qu’il faut surveiller après l’ultimatum lancé aux autorités

La baisse du nombre d’actions ces derniers jours ne signifie pas la fin de la mobilisation. Ludovic Tolassy explique que cette pause est notamment liée à une période de deuil, après les drames survenus pendant le mouvement.

Le collectif affirme que cette accalmie ne doit pas être interprétée comme un renoncement. Au contraire, ses porte-parole la présentent comme un temps d’attente avant une éventuelle reprise des actions si aucune solution ne se dessine.

José Gaddarkhan dénonce aussi un « acharnement » à son encontre. Il évoque des contrôles de la DEAL sur la présence d’amiante dans l’entreprise de son fils. Il estime que les difficultés portées par le mouvement ne sont pas traitées assez tôt, ce qui conduit selon lui à des situations extrêmes.

La vigilance porte désormais sur la réponse du préfet Thierry Devimeux, des collectivités et des représentants politiques. Une réunion commune pourrait apaiser le conflit. Son absence risquerait, à l’inverse, de confirmer le scénario redouté par Nou Las Palé.

« Soit ils réagissent, soit nous rentrerons dans un rapport de force »

Ludovic Tolassy a résumé la position du collectif en une phrase : « Soit ils réagissent, soit nous rentrerons dans un rapport de force. » Il appelle les représentants de l’État et les responsables politiques à prendre des décisions plutôt qu’à enchaîner les discussions sans résultat.

Pour lui, la conférence de presse des Abymes n’était qu’un signal. « C’était juste un avant-goût », a-t-il déclaré. La suite dépend désormais de la capacité des institutions à ouvrir le dialogue collectif réclamé par Nou Las Palé.

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— Alexis