Un courrier sec, un ultimatum et des barrages qui paralysent plusieurs axes : le conflit dépasse désormais les seuls chantiers. Face à la Fédération française du bâtiment, José Gaddarkhan n’a pas choisi l’apaisement immédiat. Sa réponse pose une question centrale sur l’autonomie de la fédération régionale du BTP de Guadeloupe.
Si le titre évoque la Martinique, les faits rapportés concernent bien la Guadeloupe, où le collectif Nou Las Palé a lancé des blocages, notamment autour de la zone de Jarry. L’affrontement oppose désormais les responsables locaux du bâtiment à leur organisation nationale.
Pourquoi les blocages du BTP guadeloupéen provoquent une crise nationale
Le différend éclate dans un contexte de tensions sociales et économiques en Guadeloupe. Dès le mercredi précédant le courrier, le collectif Nou Las Palé a installé ses premiers barrages. La zone de Jarry, principal pôle économique de l’archipel, a notamment été touchée.
Le jeudi 15 octobre, les perturbations se poursuivent sur plusieurs axes routiers. La circulation devient difficile et l’activité économique est affectée. Pour la Fédération française du bâtiment, ou FFB, cette situation représente une atteinte directe à la vie quotidienne des Guadeloupéens.
Le secteur du bâtiment connaît pourtant des difficultés reconnues par la direction nationale. Frédéric Carré, président de la Fédération française du bâtiment, mentionne explicitement les retards de paiement des collectivités locales. Ces délais fragilisent les entreprises du BTP, leurs trésoreries et leur capacité à poursuivre les travaux.
Mais la FFB estime qu’un mouvement de blocage ne peut pas constituer une réponse acceptable. Elle considère que les barrages pénalisent d’autres professionnels, les salariés, les usagers de la route et l’économie de l’archipel. C’est sur ce point que le désaccord devient frontal.
La question ne porte donc pas uniquement sur les impayés ou sur les revendications du collectif Nou Las Palé. Elle concerne aussi la manière dont une fédération régionale peut engager son nom dans une mobilisation. Et la réaction de José Gaddarkhan montre que ce débat touche à la gouvernance même de l’organisation.
L’ultimatum de la FFB et la réponse ferme de José Gaddarkhan
Le jeudi 15 octobre, Frédéric Carré adresse un courrier à José Gaddarkhan. Son message est sans ambiguïté : le président de la fédération régionale du BTP de Guadeloupe doit mettre fin aux blocages ou quitter son mandat.
La Fédération française du bâtiment reproche à José Gaddarkhan sa participation au collectif Nou Las Palé. Dans sa lettre, Frédéric Carré juge que les méthodes employées sont incompatibles avec les valeurs défendues par la FFB.
Il reconnaît les difficultés rencontrées par les entreprises du bâtiment en Guadeloupe. Toutefois, il considère qu’elles ne peuvent pas justifier des actions qui perturbent fortement les déplacements et le fonctionnement économique de l’archipel.
Le président national formule aussi un grief institutionnel. Selon lui, José Gaddarkhan aurait engagé sa fédération dans ces initiatives sans une délibération suffisamment claire de ses propres instances. La FFB rappelle ainsi qu’un président ne peut pas, à ses yeux, engager l’organisation sur des décisions personnelles.
José Gaddarkhan rejette cependant l’idée que Frédéric Carré puisse décider de son avenir. Sa réponse est directe : « Ce n’est pas lui qui va décider si je démissionne ou pas ». Il rappelle l’existence d’un conseil d’administration au sein de la fédération régionale du BTP.
Pour le dirigeant guadeloupéen, la fédération locale n’est pas une simple structure dépendante. Il insiste : elle n’est pas une filiale de la FFB et son président national n’est pas son « patron ». Cette position affirme une autonomie de fonctionnement, même dans le cadre de l’adhésion à une organisation nationale.
Reste à savoir si cette autonomie suffira à éviter une rupture plus profonde entre la Guadeloupe et la Fédération française du bâtiment.
Les faits essentiels à retenir dans ce conflit du bâtiment
Plusieurs événements se sont succédé en peu de temps. Les éléments connus permettent de comprendre pourquoi le conflit a rapidement pris une dimension nationale.
| Élément | Ce qui est rapporté |
|---|---|
| Collectif concerné | Nou Las Palé |
| Territoire directement concerné | Guadeloupe |
| Lieu particulièrement touché | La zone de Jarry |
| Date du courrier de la FFB | Jeudi 15 octobre 2026 |
| Auteur du courrier | Frédéric Carré, président de la Fédération française du bâtiment |
| Destinataire | José Gaddarkhan, président de la fédération régionale du BTP de Guadeloupe |
| Demande de la FFB | Mettre fin aux blocages ou démissionner du mandat |
Le point de départ est l’installation de premiers barrages par Nou Las Palé. Les actions ont commencé la veille de l’intervention publique de la FFB. Elles ont ensuite continué le jeudi sur plusieurs routes de l’archipel.
La prise de position de Frédéric Carré ne nie pas les difficultés du BTP local. Elle vise précisément le choix d’une mobilisation bloquante. Pour la FFB, la défense des entreprises doit rester compatible avec la continuité de la vie économique et collective.
José Gaddarkhan, lui, ne conteste pas seulement l’ultimatum. Il met en cause le principe même d’une injonction nationale sur la direction de la fédération guadeloupéenne. Cette nuance est essentielle pour comprendre l’ampleur du bras de fer.
- Des barrages sont installés par le collectif Nou Las Palé, dont certains dans la zone de Jarry.
- La FFB intervient par courrier et condamne des méthodes jugées contraires à ses valeurs.
- Un ultimatum est lancé à José Gaddarkhan concernant l’arrêt des blocages ou son mandat.
- Le président régional répond que sa démission relève de son conseil d’administration, et non du président national.
Cette chronologie éclaire la suite : le conflit social se double maintenant d’un affrontement sur les règles internes de représentation du BTP.
Autonomie régionale, adhésion nationale et risque de rupture
José Gaddarkhan va plus loin que le rejet de l’ultimatum. Il évoque ouvertement l’hypothèse d’une fin d’adhésion de la Fédération de Guadeloupe à la Fédération française du bâtiment.
Sa formule est claire : si la FFB ne souhaite plus que la fédération guadeloupéenne reste adhérente, elle doit le dire explicitement. La structure locale en prendra acte, affirme-t-il, tout en continuant à fonctionner.
Cette déclaration transforme le dossier. Il ne s’agit plus seulement de savoir si les barrages doivent s’arrêter. Il s’agit de déterminer quelle place la fédération régionale du BTP de Guadeloupe entend conserver au sein du réseau national de la FFB.
Dans une organisation professionnelle, l’adhésion nationale permet généralement de porter des positions communes. Mais les réalités locales peuvent être très différentes, particulièrement lorsque des entreprises font face à des retards de règlement de la part de collectivités locales.
Frédéric Carré privilégie ici l’unité de méthode et la défense de valeurs communes. José Gaddarkhan met en avant le rôle de ses instances locales et la capacité de sa fédération à décider de sa ligne. Deux conceptions de la représentation professionnelle se font face.
- La FFB nationale insiste sur l’arrêt des blocages et sur une décision collective des instances.
- La fédération régionale du BTP de Guadeloupe revendique son propre conseil d’administration.
- Le collectif Nou Las Palé se trouve au centre de la controverse en raison de sa stratégie de barrages.
- Les entreprises du bâtiment restent confrontées aux retards de paiement des collectivités locales.
Cette opposition pourrait donc se prolonger, même si les blocages routiers venaient à s’arrêter.
Ce qu’il ne faut pas confondre dans ce dossier
Le premier point de vigilance concerne la géographie. Malgré la mention de la Martinique dans le titre, les déclarations, les barrages et les responsables cités relèvent de la Guadeloupe. La zone de Jarry concernée se situe dans cet archipel.
Il ne faut pas non plus réduire le conflit à une opposition entre le BTP et les collectivités. Les retards de paiement sont reconnus comme une difficulté, y compris par Frédéric Carré. Le désaccord porte sur les moyens utilisés pour faire entendre cette situation.
Enfin, la demande de démission ne signifie pas que celle-ci est actée. José Gaddarkhan affirme que sa situation dépend du conseil d’administration de sa fédération régionale. Il ne reconnaît pas au président de la FFB le pouvoir de trancher seul cette question.
La prochaine étape dépendra donc autant de l’évolution des barrages que des échanges entre les deux fédérations. Un point demeure acquis : José Gaddarkhan n’entend pas céder à l’ultimatum sans débat au sein de ses propres instances.
— Alexis




