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Dou à La Réunion : à 24 ans, cette juriste publie un roman pour dévoiler les ravages d’un mal qui détruit des familles

Un jeune homme qui se débat avec ses propres contradictions. Des proches qui assistent, souvent sans savoir comment agir, à une lente perte de contrôle. Et au milieu, l’espoir fragile qu’une rencontre puisse ouvrir une autre voie.

À La Réunion, une jeune autrice a choisi de raconter cette réalité sans la simplifier. Son texte ne cherche ni à absoudre ni à faire la leçon. Il veut placer le lecteur au plus près d’un combat intérieur que beaucoup de familles connaissent.

Le dou, une dépendance qui laisse les proches démunis

Le dou est au cœur du premier roman de Noëlla Vinguedassalom, juriste de formation âgée de 24 ans. À travers la fiction, elle aborde les conduites addictives et leurs conséquences sur une personne, mais aussi sur tout son entourage.

Lorsqu’une addiction s’installe, les répercussions ne se limitent pas au consommateur. Les parents, les frères et sœurs, les amis ou les partenaires peuvent se sentir impuissants. Ils cherchent parfois les bons mots, une solution immédiate ou une façon de protéger la personne concernée.

Cette impuissance est précisément l’un des sujets que la jeune femme veut mettre en lumière. Elle a vu des jeunes de son quartier se perdre dans cette drogue. Elle a également vu des familles confrontées à la souffrance de ne pas réussir à enrayer une situation qui leur échappe.

Son regard s’ancre au Gol, à Saint-Louis, un lieu qui compte dans son histoire personnelle. Ce choix donne au récit une proximité particulière. Il ne s’agit pas d’un sujet abstrait, traité à distance, mais d’une réalité observée autour d’elle.

Pour autant, l’autrice ne transforme pas son roman en démonstration. Elle choisit un personnage et une voix. C’est ce point de vue qui permet d’aborder la dépendance dans toute sa complexité.

Le roman donne la parole à Djayan, un consommateur de dou

Ce que je pouvais devenir SANS LE DOU raconte la descente de Djayan dans les méandres de la consommation. Noëlla Vinguedassalom a fait le choix de laisser ce personnage raconter son propre parcours, ses pensées, ses contradictions et ce que la dépendance fait progressivement à sa vie.

Cette décision est essentielle dans la démarche de l’autrice. Elle souhaite inviter le lecteur à comprendre ce qui se joue dans la tête de Djayan, sans banaliser ses actes et sans adopter un discours moralisateur.

Le roman ne présente donc pas l’addiction comme un simple manque de volonté. Il s’intéresse plutôt aux mécanismes qui peuvent conduire une personne à perdre peu à peu le contrôle. Cette approche permet aux lecteurs concernés de reconnaître des émotions ou des situations difficiles à exprimer.

Dans l’histoire, Djayan rencontre Anissa. Elle incarne, pour lui, la possibilité d’une autre vie. Leur relation apporte une ouverture, mais le livre rappelle une réalité plus inconfortable : l’amour ne suffit pas toujours à faire sortir une personne de la dépendance.

Cette nuance évite les solutions trop faciles. Elle montre aussi pourquoi les proches peuvent aimer profondément quelqu’un tout en restant désemparés face à ses conduites. Le roman s’adresse ainsi autant aux consommateurs qu’aux familles qui tentent de comprendre ce qu’un proche traverse.

Mais raconter une telle histoire avec justesse demande de se documenter. La jeune autrice n’a pas écrit uniquement à partir de son ressenti.

Un an de recherches derrière un mois et demi d’écriture

Noëlla Vinguedassalom a écrit son roman en un mois et demi. Cependant, son travail sur le sujet a commencé bien avant. Elle s’intéresse à la question du dou et de ses effets depuis environ un an.

Pour nourrir son récit, elle a pris des renseignements auprès de professionnels de santé. Elle a aussi assisté à des conférences consacrées à cette problématique. Cette phase de recherche avait un objectif clair : donner de la cohérence au cheminement de Djayan et éviter une vision caricaturale de l’addiction.

Son parcours universitaire l’a d’abord conduite vers le droit. Elle est titulaire d’un master en droit public des affaires. En parallèle, l’écriture et la prise de parole ont toujours occupé une place importante dans sa vie.

La jeune femme est notamment passionnée d’écriture et d’éloquence. Elle a participé à des concours d’éloquence, une expérience qui éclaire sa façon de construire une parole incarnée. Dans son roman, cette attention portée aux mots aide à faire entendre un personnage plutôt qu’à parler à sa place.

Le projet a commencé à prendre forme dans un cadre intime : au Gol, chez ses grands-parents paternels, Rita et Julio Vinguedassalom. Ce lieu familial est donc lié aux premières pages de cet ouvrage, qui porte aussi une histoire personnelle.

Car derrière le sujet de société, ce livre est également un geste de transmission. Reste à comprendre ce que l’autrice espère provoquer chez ceux qui le liront.

Un livre pensé comme une contribution à la prévention

Noëlla Vinguedassalom ne présente pas son roman comme une réponse unique au problème du dou. Elle y voit une contribution, à son échelle, à une lutte collective contre les conduites addictives.

Son espoir est concret. Elle souhaite qu’un consommateur puisse ressentir un déclic en lisant le parcours de Djayan. Elle souhaite aussi qu’une famille se sente moins seule, moins coupable et un peu moins impuissante devant la dépendance d’un proche.

Mettre des mots sur ce qui est vécu est l’une des ambitions du livre. Pour une personne concernée, reconnaître certaines pensées ou certains conflits intérieurs peut ouvrir une réflexion. Pour l’entourage, entrer dans le récit peut aider à mieux saisir qu’une addiction ne se résume pas aux actes visibles.

Le roman garde toutefois une ligne claire : comprendre ne veut pas dire excuser. L’autrice ne cherche pas à minimiser les conséquences de la consommation. Elle veut plutôt éviter les jugements rapides, qui ferment parfois toute possibilité de dialogue.

Cette approche est particulièrement importante lorsque les familles vivent des situations tendues. La peur, la colère et l’épuisement peuvent prendre beaucoup de place. Un récit comme celui-ci rappelle que l’écoute et la compréhension des mécanismes sont aussi des éléments de prévention.

Le livre porte enfin une dédicace qui renforce sa dimension intime. Noëlla Vinguedassalom souhaite le dédier à sa grand-mère, Rita Vinguedassalom, décédée peu après l’impression de l’ouvrage.

Ce qu’il faut éviter face aux récits de dépendance

Le parcours de Djayan invite à se méfier de plusieurs idées reçues. La première consiste à croire qu’une personne dépendante peut forcément s’arrêter dès qu’elle est entourée d’affection. La relation avec Anissa rappelle que le soutien affectif compte, mais qu’il ne règle pas automatiquement une dépendance.

Il faut aussi éviter de réduire un consommateur à sa consommation. Cette étiquette peut empêcher de voir ses contradictions, ses fragilités et sa capacité à chercher une autre trajectoire. Cela ne retire rien à la gravité des actes ou aux blessures causées aux proches.

Enfin, les familles ne doivent pas être invisibilisées. Elles peuvent souffrir, s’inquiéter et se sentir seules face à une situation qu’elles ne maîtrisent pas. C’est cette réalité à plusieurs voix que le roman entend faire exister.

Ce regard nuancé donne tout son sens à la publication de Ce que je pouvais devenir SANS LE DOU. Le livre sera accessible localement et en ligne à partir de sa soirée de lancement.

Où acheter « Ce que je pouvais devenir SANS LE DOU »

Le premier roman de Noëlla Vinguedassalom sera disponible à partir du 22 octobre, à l’issue de la soirée de lancement. Deux possibilités sont prévues pour se le procurer.

Point de ventePrixConditions
Site www.drogueledou.fr15,90 eurosFrais d’envoi compris
JN Coiffure, au Gol12,90 eurosVente locale

En faisant de Djayan le narrateur de son propre basculement, la jeune juriste réunionnaise propose une lecture qui cherche d’abord à rendre visible ce qui reste souvent tu. Pour les personnes concernées comme pour leurs proches, ce roman veut ouvrir un espace de compréhension sans détourner le regard des ravages du dou.

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— Alexis