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Agriculteurs ultramarins : GBH lance un programme de 1,2 million d’euros pour les soutenir concrètement

Un nouveau fonds privé pourrait donner un coup d’accélérateur à des projets agricoles qui peinent souvent à trouver leur financement. Pour les producteurs ultramarins, l’enjeu dépasse l’aide ponctuelle : il s’agit de consolider des exploitations, de faciliter les installations et de rendre l’offre locale plus présente dans les rayons.

L’initiative vise quatre territoires et s’appuie sur une enveloppe répartie sur trois ans. Reste à comprendre comment les agriculteurs pourront y accéder et quels projets seront privilégiés.

Pourquoi le soutien à l’agriculture ultramarine devient stratégique

Dans les territoires ultramarins, produire localement répond à plusieurs impératifs concrets. Les exploitations doivent composer avec des contraintes propres à chaque île ou territoire, tandis que les importations occupent une place importante dans l’approvisionnement alimentaire.

Pour GBH, renforcer l’agriculture en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et à La Réunion doit permettre de réduire la dépendance aux produits importés. Le groupe met aussi en avant le maintien de l’emploi local, la transmission des savoir-faire agricoles et la préservation de l’environnement.

Le sujet est également économique pour la grande distribution. GBH indique réaliser, selon les territoires, entre 20 % et 30 % de ses achats alimentaires auprès de producteurs locaux. Une production plus diversifiée peut donc sécuriser les approvisionnements tout en créant davantage de débouchés pour les exploitations.

Cette orientation a été mise en lumière lors des deuxièmes Rencontres de la production locale. L’événement, organisé par Carrefour Martinique, s’est tenu le jeudi 24 septembre à l’habitation Clément, au François. C’est à cette occasion que le groupe a dévoilé le nouveau dispositif.

Mais le montant annoncé ne constitue pas une aide uniforme versée sans sélection : le programme repose sur un accompagnement de projets choisis territoire par territoire.

Le programme GBH : 1,2 million d’euros répartis entre quatre territoires

GBH finance intégralement une enveloppe de 1,2 million d’euros dédiée aux producteurs locaux de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane et de La Réunion. Le programme prévoit 100 000 euros par an dans chacun de ces quatre territoires, pendant trois ans.

Élément du programmeMontant ou calendrier
Financement annuel par territoire100 000 euros
Nombre de territoires concernés4
Durée du programme3 ans
Montant total1,2 million d’euros
Ouverture des candidaturesÀ partir du 30 septembre
Annonce prévue des premiers lauréatsFin de l’année 2026

Le dispositif s’adresse aux agriculteurs et producteurs locaux dont les projets nécessitent un appui. L’ambition affichée est notamment de faciliter l’entrepreneuriat chez les jeunes. Stéphane Hayot, directeur général de GBH, explique vouloir « mettre le pied à l’étrier » et permettre à davantage de jeunes de se lancer.

Le groupe entend ainsi contribuer à une production locale « plus forte, plus diversifiée et plus durable ». Dans un communiqué publié le 24 septembre 2026, GBH affirme également vouloir rester le premier client de la production locale.

Ce financement ne sera toutefois pas attribué directement par le groupe seul. C’est un point essentiel pour comprendre le fonctionnement concret du fonds.

Comment les projets agricoles seront sélectionnés

Les producteurs intéressés pourront déposer leur candidature à partir du 30 septembre. Les premiers projets retenus devraient être annoncés à la fin de l’année 2026, ce qui donne un calendrier rapide à ceux qui disposent déjà d’un dossier structuré.

Dans chaque territoire, une instance de sélection participera au choix des bénéficiaires. Elle rassemblera des représentants du monde agricole et des acteurs institutionnels. GBH ne décidera donc pas seul de l’attribution des aides.

Cette organisation permet d’adapter les décisions aux réalités locales. Les priorités ne seront pas nécessairement les mêmes en Guyane, en Martinique, en Guadeloupe ou à La Réunion. Elles seront définies localement, selon les besoins et les enjeux identifiés sur chaque territoire.

Pour préparer une candidature, un producteur a intérêt à présenter un projet lisible : objectif de production, besoins d’accompagnement, retombées attendues pour l’exploitation et contribution possible à l’offre locale. Le programme cible précisément les initiatives qui ne peuvent pas avancer sans soutien.

  1. Identifier le besoin de l’exploitation : développement d’une production, diversification, installation ou structuration d’un projet agricole.
  2. Préparer un dossier cohérent : expliquer le projet, les moyens nécessaires et les résultats attendus.
  3. Déposer sa candidature dès l’ouverture : les candidatures sont annoncées à compter du 30 septembre.
  4. Suivre les priorités du territoire : les instances locales orienteront la sélection selon les besoins propres à la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane ou La Réunion.

La logique est celle d’un fonds de dynamisation : aider des projets capables de renforcer durablement le tissu agricole. Cette approche rejoint les attentes exprimées par plusieurs acteurs du secteur.

Un engagement qui prolonge les liens de GBH avec les producteurs locaux

GBH indique être présent aux côtés du monde agricole ultramarin depuis plus de 60 ans. Avec ce programme, le groupe souhaite renforcer cet engagement et consolider ses relations avec les filières locales.

Les chiffres avancés illustrent l’implantation déjà existante du groupe auprès des fournisseurs agricoles et alimentaires. En Martinique, GBH est partenaire de 170 producteurs locaux.

En Guadeloupe et en Guyane, plus de 150 fournisseurs sont réunis sous le label Produits d’Ici. À La Réunion, le groupe compte plus de 130 fournisseurs directs.

  • Martinique : 170 producteurs locaux partenaires.
  • Guadeloupe et Guyane : plus de 150 fournisseurs sous le label Produits d’Ici.
  • La Réunion : plus de 130 fournisseurs directs.
  • Achats alimentaires locaux : entre 20 % et 30 % selon les territoires.

Ces partenariats donnent une dimension commerciale au projet. Soutenir la production ne consiste pas seulement à aider une exploitation à investir : il faut aussi que les produits trouvent une place durable sur le marché local.

La diversification agricole, la régularité des volumes et l’adaptation aux besoins des consommateurs peuvent ainsi devenir des leviers pour les producteurs comme pour les enseignes. Mais le contexte agricole rend aussi ce nouveau fonds particulièrement attendu.

Une initiative accueillie favorablement par des agriculteurs

Victor Mont-Louis Bonnaire, président du GIEE 280 basé au Vauclin, voit dans ce programme une démarche positive. Il rappelle qu’il existe déjà des aides dispersées de la Collectivité territoriale de Martinique, la CTM, et de l’État.

Selon lui, la nouveauté réside dans l’intervention du secteur privé à travers un fonds qui lui appartient. Il qualifie ce mécanisme de « fonds de dynamisation », susceptible d’apporter un soutien utile aux porteurs de projets.

L’agriculteur souligne aussi l’intérêt commun de la démarche. Dans un contexte mondial incertain, les grandes enseignes du groupe ont besoin de s’assurer qu’une production locale puisse contribuer à leur approvisionnement et à leur fonctionnement.

Cette convergence des intérêts peut donner davantage de stabilité aux filières. Les exploitants cherchent des débouchés et des financements. Les distributeurs ont besoin d’une offre locale disponible. Les consommateurs, eux, peuvent espérer une production plus visible et mieux ancrée dans leur territoire.

Les points à garder en tête avant de candidater

Ce fonds ne remplace pas les dispositifs publics déjà existants. Il vient s’ajouter aux aides de la CTM et de l’État évoquées par les acteurs agricoles. Un projet peut donc nécessiter de combiner plusieurs formes d’accompagnement.

Il faut aussi retenir que le programme concerne quatre territoires précis : la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et La Réunion. Les critères opérationnels et les priorités seront établis localement, ce qui impose de suivre les informations diffusées dans chaque territoire.

Enfin, l’annonce des premiers lauréats n’est prévue qu’à la fin de 2026. Déposer un dossier dès l’ouverture du 30 septembre ne garantit pas une sélection, mais permet d’entrer dans le processus d’examen par l’instance territoriale.

Pour les producteurs ayant un projet solide, la prochaine étape est donc simple : préparer un dossier capable de montrer comment leur initiative renforcera concrètement la production locale.

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— Alexis