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Tourisme en Martinique : Bénédicte di Geronimo quitte la présidence du Comité et laisse un siège vacant

Le paysage touristique martiniquais traverse un moment charnière. Une figure centrale quitte soudainement la scène, laissant derrière elle un siège stratégique vacant et une série de questions encore sans réponse immédiate. L’annonce a surpris, et chacun cherche désormais à comprendre ce que ce changement impliquera pour la destination Martinique.

Un changement de gouvernance qui interpelle

L’annonce du départ de Bénédicte di Geronimo de la présidence du Comité Martiniquais du Tourisme (CMT) a fait l’effet d’un choc. En poste depuis juillet 2021, elle incarnait depuis cinq ans la stratégie de développement et de rayonnement touristique portée par la Collectivité Territoriale de la Martinique (CTM). Son retrait a été officialisé par un communiqué publié le vendredi 17 juillet 2026.

Le Président du Conseil Exécutif de la CTM, Serge Letchimy, a reçu la notification par courrier daté du 13 juillet 2026. Il a salué publiquement « l’engagement, le sérieux et la détermination » de la présidente sortante, des mots qui soulignent l’importance du rôle qu’elle a joué pour le secteur. Pourtant, selon plusieurs sources internes, les agents du CMT ont appris son départ… par voie de presse, symbole de la surprise provoquée par cette décision.

Ce départ intervient dans un contexte où les professionnels du tourisme s’interrogent déjà sur l’avenir du secteur. Les récents signaux économiques sont contrastés, comme en témoigne le début de saison dans le sud de l’île, où certains établissements affichent complet tandis que d’autres observent surtout un regain d’activité ponctuel. Comprendre la portée de ce départ devient donc essentiel pour anticiper les prochains mois.

Ce climat d’incertitude rend d’autant plus nécessaire de s’intéresser à la suite de cette transition, qui ne s’arrête pas à une simple démission administrative.

Une démission accompagnée d’une nomination éclair

La décision de Bénédicte di Geronimo est motivée par le souhait de se consacrer pleinement aux missions qui lui ont été confiées au sein de la CTM, notamment dans le domaine des fonds européens. Cette précision, apportée dans le communiqué officiel, éclaire son choix d’un nouveau positionnement professionnel, plus centré sur les grands financements et la structuration territoriale.

Mais au-delà de son retrait, c’est la rapidité de la transition qui a marqué les observateurs. La CTM avait annoncé qu’une « personnalité en capacité de poursuivre la dynamique engagée » serait désignée dans les plus brefs délais. Quelques minutes plus tard seulement, un second communiqué confirmait la nomination d’Alexandre Ventadour à la présidence du CMT.

Ce choix s’appuie sur les responsabilités qu’il exerce déjà dans les domaines du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et des transitions écologiques. Selon la CTM, sa nomination « s’inscrit dans une logique de continuité et de consolidation de la stratégie engagée ». Autrement dit, malgré le départ de sa présidente, l’institution souhaite envoyer un signal fort : la trajectoire du tourisme martiniquais ne change pas.

Cette volonté de continuité pose cependant une question essentielle : comment maintenir un cap dans un secteur déjà soumis à de nombreuses variables externes ?

Une transition qui s’inscrit dans un contexte touristique plus large

Pour comprendre l’enjeu de cette nomination, il faut replacer le tourisme martiniquais dans son environnement plus large. Les annonces récentes montrent un secteur dynamique mais contrasté, en pleine recomposition.

Du côté des initiatives territoriales, la Petite-Terre accueillera les 18 et 19 juillet la 4ᵉ édition du Salon de l’écotourisme. Près de 80 exposants venus de Mayotte, des Comores et de Madagascar se réuniront sur le parking de l’aéroport Marcel Henry, à Pamandzi. Cet événement mobilise les acteurs du tourisme durable, de l’artisanat, de la culture et de l’environnement, confirmant l’importance croissante de l’écotourisme dans les stratégies régionales.

Plus localement, d’autres initiatives comme le programme « J’anime ma ville » à Bandrélé montrent comment les territoires investissent dans l’attractivité par la culture et la valorisation patrimoniale. Dix jeunes du village participent à la production de dix courts-métrages pour redécouvrir et faire découvrir les artisans, les artistes et les lieux emblématiques de leur commune. Ces projets contribuent à renforcer la cohésion territoriale tout en créant de nouveaux récits touristiques.

Ce contexte riche et mouvant crée un environnement où la gouvernance du tourisme doit être solide. La transition à la tête du CMT devra donc s’adapter à cette diversité d’initiatives pour maintenir la cohésion et l’efficacité du secteur.

Ce que la nomination d’Alexandre Ventadour pourrait changer

Avec l’arrivée d’Alexandre Ventadour, de nouvelles perspectives s’ouvrent tout en conservant la ligne directrice existante. Son profil, déjà ancré dans le développement économique et les transitions écologiques, laisse présager une consolidation des politiques centrées sur l’attractivité durable.

Cette orientation pourrait se traduire de plusieurs façons concrètes :

  • Renforcement des projets liés au tourisme durable, en écho aux initiatives régionales comme le Salon de l’écotourisme.
  • Accélération des synergies entre attractivité économique et stratégie touristique.
  • Appui accru aux professionnels dans un contexte de fréquentation inégale selon les zones.
  • Valorisation du patrimoine culturel et naturel martiniquais, à l’image des projets participatifs menés dans d’autres territoires.

La continuité sera un point central, mais avec des ajustements stratégiques dictés par la réalité du moment. La transition devra donc être à la fois souple et déterminée, pour répondre aux attentes des acteurs de terrain comme aux grandes orientations institutionnelles.

Reste une inconnue majeure : comment cette nouvelle présidence entend-elle consolider la dynamique, tout en intégrant les signaux contrastés du secteur ?

Les points de vigilance pour la suite

Comme toute transition rapide, celle-ci comporte des défis importants. Plusieurs risques peuvent émerger si la gouvernance n’anticipe pas suffisamment :

  • Une communication interne fragilisée, après l’annonce surprise apprise par la presse par les agents du CMT.
  • La nécessité de rassurer les professionnels, alors que certains connaissent une saison en demi-teinte.
  • La gestion simultanée des enjeux de financement, notamment européens, domaine dans lequel la présidente sortante reste désormais pleinement impliquée.
  • L’importance de maintenir la cohérence entre les initiatives locales, régionales et territoriales pour éviter les stratégies fragmentées.

C’est à travers ces points de vigilance que l’on mesurera réellement l’impact de cette transition, bien plus que dans les annonces officielles.

Une étape qui ouvre de nouvelles perspectives

Ce changement de gouvernance marque un moment clé pour le tourisme martiniquais. La dynamique engagée se poursuit, mais chaque transition est une occasion de réinterroger les priorités et d’affiner les stratégies. Les prochains mois permettront de mesurer la direction que prendra Alexandre Ventadour à la tête du CMT.

Pour l’heure, l’essentiel est de suivre comment cette nomination s’articulera avec les initiatives déjà en cours et avec les réalités économiques du secteur. Le tourisme martiniquais a un potentiel considérable. Reste à voir comment cette nouvelle gouvernance saura le porter plus haut encore.

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— Alexis