Pourriez-vous nous raconter comment fut introduite la cuisine Japonaise a l’île Maurice ?
Grâce à ma profession en tant que haut cadre de la société Japonaise de Pêcherie de Thon à Port-Louis entre 1964 et 1998, plus connu sous le nom de KGKK, mon épouse et moi nous étions souvent invités chez des familles Japonaises vivant à l’île Maurice pour savourer et déguster la cuisine du Soleil Levant. Nous étions également régulièrement invités sur les bateaux scientifiques ou de la marine japonaise faisant escale à Port-Louis ou des réceptions typiquement Japonais étaient organisés pour les invités. Nous étions donc déjà dans le bain, sans compter mes deux voyages au Japon.
Comment est venue l’idée du premier restaurant Japonais a Grand- Baie?
Un de mes supérieurs lança l’idée entre Mars-Avril 1986 et avions été rapidement encouragés par feu Sir Gaétan Duval alors Ministre du Tourisme et MM. Peter Goldsmith un des Directeurs d’IBL-Tourism et l’ancien Consul General du Japon à l’île Maurice Colin Hare. Un emplacement fut trouvé en face de l’Hôtel Ile de France qui est aujourd’hui devenue le Sunset Boulevard depuis 1995...Notre grande chance fut de tomber sur un grand Chef de Singapore: Peter Lim qui a su nous guider pour les installations des tables de fourneaux (Le Teppanyaki) et a assuré la formation des jeunes Mauriciens à cette nouvelle cuisine Japonaise pendant 10 ans.
L’inauguration du restaurant a eu lieu en toute simplicité le 15 Novembre 1986 par feu Sir Gaétan Duval, un grand admirateur de la culture et de la cuisine Japonaise depuis son voyage au Japon . Après le départ de notre chef Singapourien en 1995 et mes collaborateurs Japonais en 1998, ma femme et moi nous avons poursuivi l’aventure et contre vent et marée, le standard et la réputation de Sakura. Depuis Mai 1995 nous sommes loge aux Galeries Dabee, à 100 mètres de la Station de Police de Grand -Baie.
La cuisine japonaise a le vent en poupe actuellement à Maurice. Comment réagissez-vous par rapport à la concurrence ?
Quand la concurrence est saine cela permet d’avancer. Je crois que les Mauriciens et les touristes sont bien placés pour faire le tri dans l’offre actuelle. Pour la petite histoire sachez que la plupart des cuisiniers Mauriciens qui travaillent dans les restaurants Japonais ou asiatiques ou même dans les hôtels actuellement ont été, pour l'essentiel, formés par les cuisiniers venant de SAKURA et nous sommes fiers d'avoir été des pionniers. Je | | pense qu’il est grand temps pour que notre l’école Hôtelière devienne une école de formation de cuisine Internationale et pas uniquent Européenne. En 20 ans Sakura est également devenu le lieu de rendez-vous des vedettes de passage…
Cela a commencé au tout début avec Jean Jacques Debout, Chantal Goya et leurs enfants puis Carlos suivi de Sheila…Nous avons eu le plaisir, par la suite, d’accueillir Phil Colins, Marc l’Avoine, récemment Pierre Perret , Henri Salvador, Claude Brasseur et leurs familles, le plus grand footballeur du siècle Sir Bobby Carlton, le frère de Schumacher, les Miss Tchécoslovaquie 1998/99, la Miss de Grande-Bretagne 2003/2004 en autres. La toute dernière vedette que nous avons accueilli fut Raphaël et ses musiciens.
Un regret dans cet océan de satisfaction ?
Mon seul regret et que ni le gouvernement Mauricien ni celui du Japo n’a reconnu ma contribution et celle de mon épouse pour avoir travaillé pendant près de 45 ans faciliter les relations et la coopération Nippo-Mauricienne . Et pas seulement en tant que pionnier de la cuisine japonaise mais dans d’autres domaines socio-économiques (pêche,sports et autres) et en tant qu’un des membres fondateurs de l’Amicale Maurice – Japon en 1970. À part de quelques lettres de remerciements de certains Ministères ou organismes, nous avons fait notre dévoir sans reconnaissance officielle.
Et la relève dans tout cela et l’avenir ?
Vous savez dans la vie toute chose a une fin. tôt ou tard il faudra que mon épouse et moi-même (63 ans déjà) tirent notre révérence en douceur et savourer une retraite bien mérite et l’avenir appartient aux jeunes. Mon fils Jean -Marc qui été plusieurs années dans le textile se tourne vers la restauration et je suis confiant qu’il saura tenir le flambeau haut et la continuité et même rénover le restaurant après 20 ans. Quant à ma fille Nathalie, qui possède déjà son diplôme de Hotel Management & Marketting, elle a préféré Dubaï ou elle a travaillé pendant trois ans comme “Banquet coordinator” à l’Hotel Royal Mirage a Dubai. Actuellement elle travaille pour son propre compte dans l’offshore à Dubaï. Encore une fois mon épouse Carole et moi-même nous voudrions réitérer nos vifs remerciements et notre appréciation a tous nos fidèles clients Mauriciens et étrangers, et à tous les Hôteliers et Restaurateurs membres ou non membres de AHRIM, sans oublier la Mauritius Commercial Bank Ltd et les medias qui nous ont été d’une grande assistance. |