Onglet-Accueil.jpg
Patrice Hardy : vision et convictions
newhardy.jpg
Il fallait oser et cet homme que rien ne destinait à l’hotellerie, a osé. Patrice Hardy, le Managing Director de Naïade Resorts est un homme de défis. Au moment où il quitte son champ d’expérimentation de Trou d’Eau Douce et le Tropical pour se lancer dans l’aventure des Pavillons, l’industrie touristique mauricienne vit sur ses succès passés et ronronne. L’ordre des choses semble avoir été écrit dans la pierre par les grands groupes qui dominent le secteur.

Il y avait pourtant encore de la place et Patrice Hardy était un des rares qui le croyait encore. Aujourd’hui Naïade Resorts, qui sera bientôt en bourse, c’est cinq hôtels (Le Tropical, Les Pavillons, Merville Beach et Legends) et une certaine vision des choses. Portrait d’un entrepreneur atypique qui a une foi inébranlable dans le travail et le destin des hommes.
La réussite fulgurante de cet homme aux goûts simples se résume ainsi : beaucoup d’heures de travail, de l’obstination, s’entourer d’une équipe compétente. Il y a, en effet, de l’obstination appliquée dans ce destin entrepreneurial qui l’a placé à la tête de ce groupe qui fait vivre directement presque 2000 personnes et lancé l’hôtellerie mauricienne dans une ère de concepts révolutionnaire (Feng Shui au Legends, suite à thèmes à Beau Rivage). « Beaucoup de personnes ont des idées de génie, mais ont tendance à abandonner à la première difficulté venue. Moi je ne lâche rien. J’aime aller jusqu’au bout de la logique et plus les choses sont difficiles, plus elles ont tendance à me stimuler ».

Pour comprendre il faut sans doute remonter au début. « Je ne viens pas d’une famille riche, on vivait confortablement. J’ai rapidement compris que mon père n’allait pas avoir les moyens de me payer des études et que l’avenir allait dépendre de moi. Ma famille a toujours eu des valeurs très fortes, tournées sur le partage, l’honnêteté, l’opiniâtreté et ce furent mes armes quand j’ai débuté dans la vie active ». Il sera ainsi agent de réassurance avant de devenir représentant d’équipements bureautiques (puis senior Manager de la division), chez Harel Mallac. « De là date de mon premier contact avec l’hôtellerie et mes premiers rêves ». Se battre, envers et contre tout, est un des traits de caractère dominants de Patrice Hardy. S’attaquer aux forteresses en place, son moteur.


Le charisme et la volonté aidant, Patrice Hardy finit par réunir des actionnaires et lancer Le Tropical, petit hôtel de Trou d’Eau Douce. L’homme n’étant pas du genre à végéter, il fait vite ses calculs.. Pour être rentable il faut plus de chambres. Les Pavillons naîtra pour répondre à ce besoin mais aussi pour proposer aux clients un hôtel à l’esprit 100 % mauricien. En décembre 2002 son groupe, qui s’est structuré, se retrouve à la tête de 800 chambres, grâce notamment au coup de génie qui lui aura permis de racheter Merville Beach et le Grand Gaube, rebaptisé depuis Legends. Alors qu’il lorgne maintenant sur la région — en attendant de démarrer le projet de Bel Ombre, il peut regarder le passé avec la satisfaction de celui qui a patiemment placé ses billes.

« Avoir une vision, aussi belle soit-elle, ne suffit pas pour réaliser ses projets. Il est aussi nécessaire de s’entourer de gens compétents et dévoué et savoir les écouter. Une de mes grandes satisfactions c’est d’avoir ou m’entourer de personnes compétentes et qui ont, depuis le départ compris que l’on grandira tous ensemble. Ensuite il y a le travail. On n’arrive à rien en adoptant une attitude dilettante. Ce n’est qu’en accumulant de façon intelligente des heures que l’on arrive à concrétiser ses envies ».

Exigeant, jusqu’au boutisme, boulimique de travail — 70 heures par semaine en moyenne ! — ne comptez pas sur Patrice Hardy pour s’endormir sur ses lauriers. « N’importe qui dans ma position n’oserait dire qu’il est arrivé. Ce serait renier tout ce qui a été patiemment construit. Il y a chez moi une soif éternelle de faire plus.. Entreprendre c’est presque un jeu sans fin. Le tout est de savoir jouer serré et ne jamais tout risquer. Et d’avoir toujours sous les yeux une vision claire des choses ».

Marié et père de 4 enfants, passionné de chasse, Patrice Hardy, 45 ans, est un homme de famille.. Modèle qu’il a aisément transcrit dans son entreprise. Fidélité, solidarité, souscription à un destin commun… Certains de ses collaborateurs, Dev Pooloovadoo et Mike Britter, par exemple, font partie de l’aventure depuis le début. « J’aime me ressourcer dans mon milieu familial qui est la source de tous les bonheurs et de toutes les motivations. J’aime aussi la compagnie de mes amis avec lesquels j’ai des liens forts. J’adore aussi travailler avec des collaborateurs qui ont les mêmes convictions que moi, mais pas nécessairement la même approche. Naïade Resorts s’est construit parce qu’il y a eu une conjonction d’idées et une addition de compétence. Mais je reste fier du fait que mes collaborateurs et moi nous ne soyons pas d’accord sur tout. Ça nous permet de discuter et d’avancer ».

Cet homme de défi, il rêve d’exporter les compétences de son groupe dans la région, vient de prendre la tête de l’AHRIM pour la deuxième fois en quelques années. Avec bien l’intention de faire avancer ses idées. « Nous ne pouvons pas continuer à bâtir des hôtels en faisant abstraction de la réflexion. Nous faisons face aujourd’hui à une compétition féroce et nous avons presque 10 000 chambres à remplir sur les bras.. Je ne me fais aucun souci pour le marketing des hôtels de mon groupe parce que nous avons une équipe dévouée et dynamique. Par contre j’ai quelques soucis pour la destination car au-delà des chambres à remplir, il y a aussi l’état désastreux de certains endroits au niveau environmental. Nos clients n’arrêtent pas de nous en parler et il est urgent de faire quelque chose. On ne peut continuer à vendre cette île comme un paradis alors que le touriste se trouve à deux minutes de rues ou des quartiers ressemblant à des dépotoirs ».

Patrice Hardy avance sur des convictions solidement charpentées. Ne souffrant d’aucun compromis quand il s’agit de l’intérêt du plus grand nombre. « Mon devoir ultime ce n’est pas ma satisfaction personnelle d’avoir réussi dans mon entreprise, c’est de tout mettre en œuvre pour que ceux qui travaillent pour la compagnie s’épanouissent et fonctionnent dans un environnement apaisé et qui s’inscrit dans la durée »

Jean-Joseph PERMAL
hardy104.jpg
«J’aime aller jusqu’au bout de la logique et plus les choses sont difficiles, plus elles ont tendance à me stimuler ».
Le portrait du mois
Pratique
Itinéraires
Loisirs
Hôtels
Actualités
Restaurants
Accueil
Barre-titre4.jpg
LINFOENCONTI.jpg