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MON ILE
par Marousia Bouvery
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L’île Maurice a une âme ! Et Marousia Bouvery fait certainement partie des personnes qui la symbolise le plus. Cette pasionnaria d’une autre île Maurice, universelle, soucieuse de l’autre, volontariste et bénévole porte inévitablement un regard qui interpelle sur l’île Maurice et sa nouvelle marotte, le tourisme. Musicienne, chanteuse, animatrice, Mauricienne engagée, Marousia Bouvery, c’est un engagement, une voix et une voie. C’est une île Maurice savoureuse comme cette langue créole qu’elle a largement contribué à valoriser que nous propose Marousia. Le temps d’une halte salvatrice ?

Dans quel hôtel, vous passerez vos vacances ?
C’est sans doute parce qu’ils  réveillent en nous notre désir de nous abandonner à la mer, que les hôtels  fascinent tant.  A-t-on jamais vu une publicité d’hôtel de Maurice sans La turquoise ? Cependant, je vais à la  rencontre de la mer  d’une autre façon, comme au temps « lontan»,   à travers  “fer lakot”,   pique-niquer avec les copains sur différentes plages au cours d’une seule journée.   Les vacances ,  ce ne sont pas spécialement des jours  de farniente car mes activités ne me le permettent pas et ce n’est pas plus mal ! Je préfère tout simplement, quand le temps me le permet,  aller çà et là pour des rencontres vraies et humaines, là où le vent m’amène.  Découvrir des paysages  féeriques, les falaises, les montagnes,   arpenter  les « mel ros » des champs de cannes,  se rafraîchir chez l’habitant qu’on a croisé au bord de la route,  travaillant dans son champ d’oignons,  partager le repas du pêcheur après avoir fait un tour dans sa barque, autant de façons de s’abandonner à la nature qui a été épargnée par l’homme.    Les grands mythes de vacances à l’hôtel  ont longtemps été du domaine étrange du rêve  mélangé à la colère,   car ils étaient inaccessibles pour les Mauriciens.  Il y a eu quelque  progrès depuis.   En plus, les hôtels font peur. En effet, la plus belle des bourdes de nos dirigeants, c’est de permettre  de  nouvelles constructions   qui  réduisent comme une peau de chagrin notre espace vital,   qui m’empêchent de jouir de mon île.  Notre équilibre en dépend parce que le sort de Maurice  est indissociable de celui de la mer, de ses plages, de son Eco - système. On me dira que le  développement touristique  devient le facteur majeur de notre économie.  Mais alors ? Doit-il se faire sur le dos des habitants. Ce  serait  le contraire d’un  développement durable.

Quel est selon vous le meilleur restaurant mauricien ?  
Celui qui allie convivialité, créativité et  originalité.  J’ai découvert  cela  au « Fusion » de Grand Baie.  Au menu :  Décor très coloré et  ‘ cuisine du monde ». J’ai adoré les épices thaï mélangées aux noix de saint Jacques,  ou tout simplement la dégustation du pain fait maison avec de l’huile aromatique.  Et que dire de son Eau…, le Voss  du Norvège, une eau naturelle, la meilleure que j’ai goûtée  après notre eau du robinet !!   Avec comme bonus, un  personnel  chaleureux et attentif.   Juste ce qu’il faut pour vous donner l’envie de revenir.

Quelles sont les activités touristiques qu’il ne faut pas rater ?
Ceux qui  rassemblent  aussi bien la population  que les touristes à travers le paysage artistique et culturel.  Je crois qu’on appelle cela le tourisme culturel.   Le patrimoine  par exemple qui exprime la cohésion historique de la population  a été très bien valorisé lors de la semaine  qui lui a été dédiée  pour la  première fois, l’an dernier. Une réelle bouffée d’air frais pour l’histoire !  Elle  m’a emmené en haut du phare d’Albion, et dans les lieux sacrés, tel le  Kovil de la route Nicolay.  Vivement une seconde édition.   Le touriste n’en sortira que plus amoureux de notre ile.   Le Festival International Kreol a été lui, une belle occasion ratée de communion avec les Mauriciens.  L’utopie de la nation arc-en-ciel  qu’on nous vend d’une part et de l’autre  un festival avec une connotation  communautaire  s’inscrit dans une logique d’exclusion de la grande majorité, ceux, qui  disent avec raison, qu’ils sont Mauriciens avant tout.  Une réflexion sur l’identité culturelle de la nation ainsi que sur la façon  dont s’organisent les rencontres  interculturelles au sein de notre pays aurait grandement aidé à définir les paramètres d’un tel festival.  Les activités touristiques ne peuvent en aucun cas servir de prétexte à diviser la nation.  Parce qu’il est dangereux de jouer honteusement des appartenances ethniques.

Quelle est votre meilleure adresse de shopping ?
China Town sans hésitation.   Lieu hautement historique, empreint de longue tradition commerciale, on y trouve de tout.   Dans les dédales des rues, l’Esprit de Chine est toujours présent avec ses bols émaillés peints de roses rouges,   ses peignoirs de soie, même si des tendances de plus en plus  designs y font leur apparition.  Accessoires kitch ou classiques, les trottoirs de China Town, dans la capitale fleurent bon un humanisme qu’on ne trouve pas dans les grands centres.  Vite,   allez faire un tour, avant qu’on y construise des tours.

Un livre à recommander ?
Sur ma table de chevet,   il y en a  deux pour le moment.  Celui qu’on m’a offert hier : « Manuel du Guerrier de la lumière »  de Paulo Coelho, en me disant que j’en étais un.  Un livre si petit que je  l’ai dévoré dans une soirée.  Petit comme L’autre , « Le Petit Prince »  et  de la même  intensité.  Inoubliable.  Éditions Anne Carrière -1997.  Et  puis l’incomparable « Trazedi Makbess » – une traduction et adaptation de Macbeth en creole de  Dev Virahsawmy.     Lire du  Shakespeare dans ma langue ! Magique !  Avec des sujets, qui sont toujours d’actualité:  Le pouvoir d’état  en relationnel, les forces diaboliques du surnaturel, l’angoisse, l’obsession.  Magnifique ! Redécouverte d’un chef d’oeuvre intemporel.   Chez Ledikasyon Pu Travayer – 1997.    

Votre boisson préférée ?  
La merveille de la nature qu’on appelle  Eau.   Synonyme de vie, elle est incontournable.  On la trouve partout.  Et dire qu’elle était jusqu’au siècle dernier encore  gratuite.   C’est triste de voir l’homme vouloir la privatiser,   la faire devenir une marchandise.  Elle si généreuse si remplie de tout ce qu’il y a de bon.  

Un cadeau à offrir ?
Celui qui est gratuit et qui  se conjugue  au temps présent – l’Amour ou l’Amitié.  S’il faut vraiment que ce soit un objet,   j’offrirai la ravanne, notre instrument de musique  typique.  Sa forme est universelle et son cri résonne longtemps après la première note...     Tellement forte et si  Fragile a la fois, elle symbolise notre histoire,   nos luttes et notre futur – Elle est équilibre, Elle est  réhabilitation.  Nous avons tellement de chance de l’avoir. Elle est un cadeau du ciel.    C’est elle qui me donne des ailes.
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Marousia en quelques dates

Née le 29 Août 1964 à Port Louis

1986 – 1987  Ecole de Ravanne SOS Solidarité -  elève, puis animatrice .

1987 – 1995   Album -Grup Fangurin  Musicienne & Chanteuse.

1992 Album  - Grup Abaim Enn Lot Sezon.
1994 Album     Enn zur dan enn Pei.
1996 Album   Lerla.
2000 Album   Enn  Syek de Syek.
2002 Album   16 Ti Morso nu lanfans.
2004 Album   Tizan ar so 8 frer.

1989 – à ce jour Grup Abaim  Musicienne  & Chanteuse. Animatrice  de l’ecole de la Ravanne.
 
1989 – à ce jour: Participation dans la mise en place de spectacles.

Prix reçus

2000  “Ma Afrika”  - Afrique du Sud  -   thème  -Préservation des musiques traditionnelles       d’Afrique,  chants et danses.
2004   “ Prime Minister’s Unity Award” -  pour l’ensemble de l’action d’Abaim.
2005   “MASA  Award” -    pour l’œuvre  musicale.

Implication au niveau de la communauté

1988 -1990 : Travail dans le domaine de la  prévention de la toxicomanie .
1996  - à ce jour : Encadrement  des enfants du «  Saturday Care » d’Abaim.
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