|
| 21 Février 2007 | Patrice Legris, Directeur de
l’AHRIM faisait partie de la
délégation de haut niveau qui a
accompagné le ministre du Tourisme, M.
Xavier-Luc Duval en début du mois en Inde. Dans
l’interview qui suit, il brosse un tableau de ce
marché gigantesque et prometteur pour
l’île Maurice et revient sur
l’interprétation faite, à Maurice,
de l’annonce de l’utilisation de la roupie
indienne dans les transactions.
M. Legris, vous revenez
d’une mission importante en Inde. Comment
s’est passée cette prise de contact avec
un marché extrêmement prometteur ?
l'Inde est une découverte
personnelle pour moi et c’est vrai que
c’est un pays magnifique qu’il faudrait
encourager tous les Mauriciens à
découvrir. Économiquement parlant
l’Inde est en plein boom avec un potentiel de
développement touristique énorme pour
notre destination . Selon les dernières
études, d’ici quatre ans, 11 millions de
voyageurs indiens iront à l’assaut du
monde et il est important que l’île Maurice
soit bien positionnée. Il est utile de
savoir que la réussite économique
de l’Inde permet aujourd’hui au voyageur
indien d’avoir un pouvoir d’achat
conséquent. Ce que l’on peut retenir,
à première vue, de cette mission en
Inde, c’est vraiment l’énorme
potentiel que représente ce pays pour nous.
Quelle est la perception sur la
Destination île Maurice ?
L’île Maurice, pour
des raisons culturelles et historiques et de par la
grande qualité de son offre touristique, a une
très bonne image en Inde souvent
véhiculée par de grands films indiens
tournés à Maurice. Nos conversations avec
les professionnels indiens ont cependant
démontré la nécessité
d’adapter notre offre à la demande
indienne. Les voyageurs indiens sont très
sensibles à la disponibilité, dans les
pays qu’ils visitent, d’une cuisine
indienne authentique. La cuisine indienne mauricienne
n’est qu’une variante et il faudra donc
travailler pour rendre la cuisine authentiquement
indienne disponible.
Le voyageur indien souhaite
également des activités sociales,
culturelles, de l’entertainment et des
facilités de shopping intéressantes,
diverses et variées. Le nightlife fait
également partie des souhaits du voyageur
indien. Le prochain concert de ZeeTV à
Maurice devrait avoir un impact considérable sur
l’image de Maurice sur le marché Indien.
Voilà donc autant
d’avenues dans lesquels il faudra s’engager
dans les semaines et les mois à venir pour
arriver à mettre l’industrie touristique
mauricienne en phase avec la clientèle indienne.
|
|
L’annonce concernant
l’introduction de la roupie indienne dans les
devises utilisables à Maurice a
créé une certaine confusion et pas mal
d’interrogations. Qu’en est-il
réellement ?
Ce qui a été
rapporté dans la presse mauricienne ne corrobore
pas du tout avec ce que j’ai entendu. Le ministre
du Tourisme, M. Duval a suggéré
qu’il fallait étudier la
possibilité que la roupie indienne soit
convertible en roupie mauricienne sans passer par une
devise intermédiaire. Aujourd’hui le
voyageur indien doit transformer sa devise en Euro ou
en dollar avant de pouvoir acheter des roupies
mauriciennes ; l’inverse est aussi vrai
d’ailleurs. La suggestion du ministre vise tout
simplement à faciliter la conversion directe
entre les deux roupies, ce qui ne peut que
représenter beaucoup d’avantages pour les
Indiens et les Mauriciens. Si cette suggestion obtenait
l’aval des autorités, le tourisme en
sortira gagnant.
Le retour d’Air India sur
la destination Maurice est une bonne nouvelle…
Nous le savions et les tours
opérateurs indiens nous l’ont
confirmé : l’accès limité
aux places entre Maurice et l’Inde a
considérablement freiné l’expansion
du tourisme Indien. Le retour d’Air India ne peut
que réjouir les stakeholders du tourisme
mauricien. Il est aussi question, d’ailleurs,
qu’une autre ligne privée indienne se
positionne aussi au niveau de cette desserte.
Au niveau de l’accès
aérien, il faut également saluer les
décisions prises par Air Mauritius. D'octobre
2005 à mars 2007, Air Mauritius augmentera de
125 % le nombre de sièges disponibles sur cette
route, c’est une croissance énorme qui va
dans le sens du marché. Tous ces facteurs ne
peuvent que dynamiser le nombre
d’arrivées venant de l’Inde chez
nous.
Le marché indien reste
plus que jamais un marché d’avenir ?
Oui, à condition que nous
adaptions notre produit à la demande et aux
besoins de la clientèle indienne qui sont
différents de notre clientèle
européenne. C’est aussi un marché
qui nous intéresse beaucoup pendant la
période creuse. La période la plus chaude
en Inde coïncide avec la saison creuse mauricienne
et on sera, je pense, bien avisée à
cibler ce marché dans cette période.
L’Inde, c’est enfin,
un gros potentiel au niveau du MICE market. Les
compagnies indiennes bougent de plus en plus à
travers le monde pour leurs conférences,
séminaires ou congrès et à Maurice
nous avons maintenant les infrastructures
nécessaires pour répondre
également à cette demande.
À l’AHRIM, en tout
cas, nous effectuons déjà un suivi pour
ce segment de marché en expansion.
|