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Que représente pour vous
votre arrivée à la tête du groupe
Apavou ?
c'est un challenge
extrêmement intéressant par rapport au
potentiel de ce groupe mais aussi en raison du
potentiel touristique de la zone Océan Indien.
En se structurant, le groupe Apavou s’est
donné les moyens d’accompagner le
développement de cette région grâce
à notre implantation à l’île
de la Réunion et à l’île
Maurice.
Ce n’est pas la
première restructuration du groupe Apavou.
Beaucoup de personnes restent sceptiques,
qu’est-ce qui change cette fois ?
c'est la première fois que
le groupe Apavou effectue une restructuration en
profondeur. Personnellement, je ne m’explique pas
ce scepticisme dont vous parlez dans la mesure
où les précédents exercices
– qui n’étaient pas de la même
envergure – ont toujours apporté des
résultats. Il faut savoir qu’en
décembre dernier que les hôtels Apavou
à l’île Maurice ont connu un taux
d’occupation de 90 % en moyenne, ce qui n’a
pas été le cas des autres groupes
d’hôtels.
La perception est donc loin de la
réalité. Disons que cette fois M. Armand
Apavou et Diane Cros se sont réellement
donné les moyens pour inscrire le groupe dans
une dynamique de réussite. La nouvelle
identité du groupe, la qualité des hommes
et des femmes qui ont été recrutés
à des postes clés donnent
déjà des résultats très
encourageants qui démontrent que nos clients,
c’est quand même essentiel, croient en
nous.
Je crois que tout le monde a
compris que le groupe Apavou means business et dans les
mois à venir, nous démontrerons à
quel point nous croyons dans l’avenir de la zone
touristique Océan Indien.
Pour vivre la mutation du groupe
de l’intérieur et diriger l’action,
je peux vous garantir que notre volonté est sans
faille. Il y a une marque hôtels Apavou et nous
allons l’imposer de plus en plus.
Vous, comme bon nombre des
nouvelles recrues du groupe ont été
associés à un moment au Club Med. Quelle
sera l’influence club Med dans le groupe Apavou ?
J’ai passé 21 ans au
Club Med et je pense que j’étais à
la meilleure école touristique au monde.
C’est une formation qui permet, à ceux qui
y ont travaillé, de s’adapter à
n’importe quel type de produit et à
n’importe quel pays et c’est un réel
atout. Cela étant dit, il n’est pas dans
notre intention de faire du Club Med. Nous voulons
à tout prix imposer notre manière de
faire, notre savoir-faire, notre vision. Notre but
c’est de mettre à la disposition de nos
clients toute une palette d’activités
à thèmes et leur donner la
possibilité de composer leurs vacances en
puisant dans cette palette.
Quelle est la philosophie qui
inspire le groupe Apavou ?
Dépasser les attentes du
client. L’île Maurice reste une destination
chère et il faut que nous puissions, à
tout moment, faire de façon à ce que la
réalité dépasse le rêve dans
chacun de nos établissements. L’enjeu,
aujourd’hui, ce n’est pas tellement de
convaincre des clients à venir à Maurice,
mais tout mettre en œuvre pour qu’ils
reviennent. Nous ne pouvons atteindre cela qu’en
rendant leurs vacances tout à fait
exceptionnelles tant au niveau du confort, de la
gastronomie que du service. Un client qui
débarque dans le groupe Apavou a la certitude de
se laisser porter vers des vacances uniques.
C’est la marque de notre groupe.
L’île Maurice
touristique, qui n’a pas dévoilé
toutes ses richesses, a tous les atouts pour devenir la
meilleure destination touristique au monde et le groupe
Apavou jouera son rôle avec des produits qui
collent à la grande diversité de la
destination.
Dans quelle direction
s’articule la stratégie du groupe Apavou
pour séduire ses clients ?
Nous offrons, j’en suis
convaincu, un des meilleurs rapports
qualité-prix à l’île Maurice.
Nos produits couvrent une large palette et
s’adaptent à différents goûts
et nous continuerons à mettre l’accent
dessus. Autrement nous comptons nous situer de plus en
plus sur le segment famille. La convivialité, la
famille, le dépaysement, la
variété et la restauration sont et seront
les mots clés de
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notre stratégie, le tout
s’articulant autour d’un concept simple :
offrir le bien-être à un prix abordable.
Le groupe Apavou gère
également des hôtels à
l’île de la Réunion ?
Jusqu’à quel point, les produits des deux
îles sont complémentaires ?
Ils sont totalement
complémentaires, car au cœur de
destinations différentes, mais dont les atouts
se marient bien. Notre groupe est Mauricien à
Maurice et Réunionnais à la
Réunion, c'est-à-dire que nous tenons
absolument à ce que les identités fortes
de ces deux îles se retrouvent dans les produits.
Comment est-ce que le personnel
des hôtels Apavou a réagi à la
restructuration ?
Le changement fait parfois peur,
mais pour l’essentiel je peux dire que
l’ensemble du personnel des hôtels Apavou
adhère à la nouvelle direction que nous
voulons donner. Ce n’est pas tellement
étonnant d’ailleurs, dans la mesure
où, dans notre nouvelle stratégie, notre
personnel, son épanouissement, se retrouve au
centre des préoccupations. Il n’y
qu’un employé heureux qui peut rendre un
client heureux, nous choyons donc nos équipes en
leur donnant la possibilité de se former
constamment et de bénéficier des
échanges que nous organisons avec
l’étranger.
Quel regard portez-vous sur le
tourisme de l’île Maurice ?
L’île Maurice a des
atouts considérables, mais il faut faire
très attention. Les exemples qu’il faut
éviter, on les connaît tous et il suffit
de citer St Domingue pour avoir froid dans le dos. Je
pense que l’île Maurice, tout en cherchant
à attirer de plus en plus de touristes, doit
définir un seuil de tolérance
au-delà de laquelle il ne faudra pas se
hasarder. Les principaux atouts de l’île
Maurice, la qualité de service et
l’hospitalité, risquent de prendre un
vilain coup si le développement touristique de
l’île n’est pas
contrôlé. Le développement doit se
faire de manière intelligente et continuer
à développer les activités de
loisirs hors des hôtels, plan sur lequel
l’île Maurice pêche beaucoup par
rapport à des destinations du même type.
Bali à ce titre est un bon exemple.
Privilégier la
clientèle qui apporte réellement quelque
chose à l’île et ne pas fermer la
porte aux autres : les pouvoirs publics mauriciens ont
un réel rôle d’équilibriste
à jouer. Il faut, pourtant, rapidement, trouver
le point d’équilibre sous peine
d’écorner durablement l’image de
l’île. Les récentes Assises du
Tourisme ont constitué, à ce titre, un
excellent exercice de réflexion. Il
s’agit, maintenant de synthétiser et
mettre en pratique les principales recommandations qui
vont dans le sens de la consolidation du produit
touristique mauricien.
Comment réagit le groupe
Apavou par rapport à
l’épidémie de Chikungunya à
l’île de la Réunion et les cas qui
ont été enregistrés à
Maurice ?
L’industrie touristique,
vous le savez, est volatile par essence et nous aurions
été heureux si nous pouvions
contrôler tout ce qui peut l’influencer
à un moment ou un autre. Le tourisme est peu de
chose quand les personnes souffrent et notre groupe
reste sensible à ce qui se passe à
l’île de la Réunion et à
Maurice.
Le groupe Apavou a
été extrêmement actif depuis que
les premiers cas de Chikungunya ont été
enregistrés à Maurice. Tous nos
hôtels font l’objet de fumigation alors que
nos chambres sont toutes dotées de vaporisateur.
La santé de nos clients et de nos
employés est au cœur même de nos
priorités.
Vous noterez, par ailleurs, que
notre groupe participe à la grande campagne
nationale de nettoyage à l’île
Maurice. Nous avons mis à la disposition du
ministère de la santé deux machines de
fumigation et deux pressure sprayer ainsi que des
hommes pour aider dans cette campagne. Cette semaine
nos équipes seront actives dans les villages du
littoral pour aider à cet effort national.
Le groupe Apavou a des assises
solides et parviendra, j’en suis, convaincu,
à passer le cap du Chikungunya. En ce qui
concerne à l’île Maurice,
permettez-moi de rappeler que la clientèle
mauricienne est la troisième en importance pour
notre groupe et que nous comptons développer
encore plus cette relation privilégiée.
Jean-Joseph Permal
6 mars 2006
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