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Bernard Giampaolo
« Apavou Hotels mean business ! »
Italien né en Suisse, marié à une Française, Bernard Giampaolo, le General Manager des opérations de Apavou Hotels dans l’Océan Indien est un véritable citoyen du monde. Ce passionné de culture qui a derrière lui une longue et riche carrière au Club Med – la meilleure école hôtelière dira-t-il – s’est attelé à redonner au groupe Apavou une nouvelle dynamique qui porte déjà ses fruits. Passionné par son métier – « un des plus beaux au monde » -, Bernard Giampaolo revient, dans cette interview, sur les objectifs de la restructuration, lève le voile sur la stratégie du groupe et dit sa confiance dans l’avenir de l’industrie touristique mauricienne. À condition, dira-t-il, que son développement soit accompagné de manière intelligente.
Que représente pour vous votre arrivée à la tête du groupe Apavou ?
c'est un challenge extrêmement intéressant par rapport au potentiel de ce groupe mais aussi en raison du potentiel touristique de la zone Océan Indien. En se structurant, le groupe Apavou s’est donné les moyens d’accompagner le développement de cette région grâce à notre implantation à l’île de la Réunion et à l’île Maurice.

Ce n’est pas la première restructuration du groupe Apavou. Beaucoup de personnes restent sceptiques, qu’est-ce qui change cette fois ?

c'est la première fois que le groupe Apavou effectue une restructuration en profondeur. Personnellement, je ne m’explique pas ce scepticisme dont vous parlez dans la mesure où les précédents exercices – qui n’étaient pas de la même envergure – ont toujours apporté des résultats. Il faut savoir qu’en décembre dernier que les hôtels Apavou à l’île Maurice ont connu un taux d’occupation de 90 % en moyenne, ce qui n’a pas été le cas des autres groupes d’hôtels.
La perception est donc loin de la réalité. Disons que cette fois M. Armand Apavou et Diane Cros se sont réellement donné les moyens pour inscrire le groupe dans une dynamique de réussite. La nouvelle identité du groupe, la qualité des hommes et des femmes qui ont été recrutés à des postes clés donnent déjà des résultats très encourageants qui démontrent que nos clients, c’est quand même essentiel, croient en nous.
Je crois que tout le monde a compris que le groupe Apavou means business et dans les mois à venir, nous démontrerons à quel point nous croyons dans l’avenir de la zone touristique Océan Indien.
Pour vivre la mutation du groupe de l’intérieur et diriger l’action, je peux vous garantir que notre volonté est sans faille. Il y a une marque hôtels Apavou et nous allons l’imposer de plus en plus.

Vous, comme bon nombre des nouvelles recrues du groupe ont été associés à un moment au Club Med. Quelle sera l’influence club Med dans le groupe Apavou ?
J’ai passé 21 ans au Club Med et je pense que j’étais à la meilleure école touristique au monde. C’est une formation qui permet, à ceux qui y ont travaillé, de s’adapter à n’importe quel type de produit et à n’importe quel pays et c’est un réel atout. Cela étant dit, il n’est pas dans notre intention de faire du Club Med. Nous voulons à tout prix imposer notre manière de faire, notre savoir-faire, notre vision. Notre but c’est de mettre à la disposition de nos clients toute une palette d’activités à thèmes et leur donner la possibilité de composer leurs vacances en puisant dans cette palette.

Quelle est la philosophie qui inspire le groupe Apavou ?
Dépasser les attentes du client. L’île Maurice reste une destination chère et il faut que nous puissions, à tout moment, faire de façon à ce que la réalité dépasse le rêve dans chacun de nos établissements. L’enjeu, aujourd’hui, ce n’est pas tellement de convaincre des clients à venir à Maurice, mais tout mettre en œuvre pour qu’ils reviennent. Nous ne pouvons atteindre cela qu’en rendant leurs vacances tout à fait exceptionnelles tant au niveau du confort, de la gastronomie que du service. Un client qui débarque dans le groupe Apavou a la certitude de se laisser porter vers des vacances uniques. C’est la marque de notre groupe.
L’île Maurice touristique, qui n’a pas dévoilé toutes ses richesses, a tous les atouts pour devenir la meilleure destination touristique au monde et le groupe Apavou jouera son rôle avec des produits qui collent à la grande diversité de la destination.

Dans quelle direction s’articule la stratégie du groupe Apavou pour séduire ses clients ?
Nous offrons, j’en suis convaincu, un des meilleurs rapports qualité-prix à l’île Maurice. Nos produits couvrent une large palette et s’adaptent à différents goûts et nous continuerons à mettre l’accent dessus. Autrement nous comptons nous situer de plus en plus sur le segment famille. La convivialité, la famille, le dépaysement, la variété et la restauration sont et seront les mots clés de
notre stratégie, le tout s’articulant autour d’un concept simple : offrir le bien-être à un prix abordable.
Le groupe Apavou gère également des hôtels à l’île de la Réunion ? Jusqu’à quel point, les produits des deux îles sont complémentaires ?
Ils sont totalement complémentaires, car au cœur de destinations différentes, mais dont les atouts se marient bien. Notre groupe est Mauricien à Maurice et Réunionnais à la Réunion, c'est-à-dire que nous tenons absolument à ce que les identités fortes de ces deux îles se retrouvent dans les produits.

Comment est-ce que le personnel des hôtels Apavou a réagi à la restructuration ?
Le changement fait parfois peur, mais pour l’essentiel je peux dire que l’ensemble du personnel des hôtels Apavou adhère à la nouvelle direction que nous voulons donner. Ce n’est pas tellement étonnant d’ailleurs, dans la mesure où, dans notre nouvelle stratégie, notre personnel, son épanouissement, se retrouve au centre des préoccupations. Il n’y qu’un employé heureux qui peut rendre un client heureux, nous choyons donc nos équipes en leur donnant la possibilité de se former constamment et de bénéficier des échanges que nous organisons avec l’étranger.

Quel regard portez-vous sur le tourisme de l’île Maurice ?
L’île Maurice a des atouts considérables, mais il faut faire très attention. Les exemples qu’il faut éviter, on les connaît tous et il suffit de citer St Domingue pour avoir froid dans le dos. Je pense que l’île Maurice, tout en cherchant à attirer de plus en plus de touristes, doit définir un seuil de tolérance au-delà de laquelle il ne faudra pas se hasarder. Les principaux atouts de l’île Maurice, la qualité de service et l’hospitalité, risquent de prendre un vilain coup si le développement touristique de l’île n’est pas contrôlé. Le développement doit se faire de manière intelligente et continuer à développer les activités de loisirs hors des hôtels, plan sur lequel l’île Maurice pêche beaucoup par rapport à des destinations du même type. Bali à ce titre est un bon exemple.
Privilégier la clientèle qui apporte réellement quelque chose à l’île et ne pas fermer la porte aux autres : les pouvoirs publics mauriciens ont un réel rôle d’équilibriste à jouer. Il faut, pourtant, rapidement, trouver le point d’équilibre sous peine d’écorner durablement l’image de l’île. Les récentes Assises du Tourisme ont constitué, à ce titre, un excellent exercice de réflexion. Il s’agit, maintenant de synthétiser et mettre en pratique les principales recommandations qui vont dans le sens de la consolidation du produit touristique mauricien.

Comment réagit le groupe Apavou par rapport à l’épidémie de Chikungunya à l’île de la Réunion et les cas qui ont été enregistrés à Maurice ?
L’industrie touristique, vous le savez, est volatile par essence et nous aurions été heureux si nous pouvions contrôler tout ce qui peut l’influencer à un moment ou un autre. Le tourisme est peu de chose quand les personnes souffrent et notre groupe reste sensible à ce qui se passe à l’île de la Réunion et à Maurice.
Le groupe Apavou a été extrêmement actif depuis que les premiers cas de Chikungunya ont été enregistrés à Maurice. Tous nos hôtels font l’objet de fumigation alors que nos chambres sont toutes dotées de vaporisateur. La santé de nos clients et de nos employés est au cœur même de nos priorités.
Vous noterez, par ailleurs, que notre groupe participe à la grande campagne nationale de nettoyage à l’île Maurice. Nous avons mis à la disposition du ministère de la santé deux machines de fumigation et deux pressure sprayer ainsi que des hommes pour aider dans cette campagne. Cette semaine nos équipes seront actives dans les villages du littoral pour aider à cet effort national.
Le groupe Apavou a des assises solides et parviendra, j’en suis, convaincu, à passer le cap du Chikungunya. En ce qui concerne à l’île Maurice, permettez-moi de rappeler que la clientèle mauricienne est la troisième en importance pour notre groupe et que nous comptons développer encore plus cette relation privilégiée.

Jean-Joseph Permal
6 mars 2006
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« Je crois que tout le monde a compris que le groupe Apavou means business et dans les mois à venir, nous démontrerons à quel point nous croyons dans l’avenir de la zone touristique Océan Indien. »

« Un client qui débarque dans le groupe Apavou a la certitude de se laisser porter vers des vacances uniques. C’est la marque de notre groupe. »

« Le développement (de l’île Maurice) doit se faire de manière intelligente et continuer à développer les activités de loisirs hors des hôtels, plan sur lequel l’île Maurice pêche beaucoup par rapport à des destinations du même type »

« Le tourisme est peu de chose quand les personnes souffrent et notre groupe reste sensible à ce qui se passe à l’île de la Réunion et à Maurice
Le groupe Apavou a des assises solides et parviendra, j’en suis, convaincu, à passer le cap du Chikungunya. »



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