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I N T E R V I E W

L’île Maurice, une amie qui nous veut du bien

2 Juin 2018 - “Nous ne sommes qu’au début de notre histoire touristique”, c’est ce que le ministre du Tourisme, Anil Gayan a soutenu dans une interview accordée à “La Quotidienne”. Sous le titre “L’île Maurice, une amie qui vous veut du bien”, “La Quotidienne” réalise une photographie actuelle de l’industrie touristique mauricienne.Nous reproduisons l’interview dans son intégralité.

Tout au long de cette année, l’Ile Maurice célèbre les 50 ans de son indépendance. Au fil des siècles, les Portugais, les Hollandais, les Français (qui la baptisèrent Ile de France) et enfin les Anglais y ont posé leur empreinte. On roule à gauche mais tous les noms de lieux sont français ! Destination de cœur de nombre d’Européens, Maurice entame un 2ème demi siècle plein de projet. Le point avec l’Honorable Anil Gayan, ministre du tourisme.


La Quotidienne : Cinquante ans d’indépendance, c’est aussi 50 ans de développement du tourisme ?

Anil Gayan : le tourisme existait déjà depuis longtemps sur Maurice mais sans réelle ambition ni plan coordonné de développement. Le constat a été simple lorsque nous avons récupéré le pouvoir : le pays ne disposait ni de pétrole, ni d’industries pourvoyeuses d’emplois. Le tourisme est vite apparu comme un fournisseur de travail et surtout de rencontres avec le monde car la hantise d’une jeune nation est de se retrouver enfermée sur elle-même et oubliée de la communauté internationale.

LQ : Aujourd’hui, Maurice semble bien équipée pour l’accueil de visiteurs. Vous êtes parvenus au stade de maturité ?

AG : je dirais plutôt que nous ne sommes qu’au début de notre histoire touristique. Six nouveaux hôtels verront le jour cette année et cette fois, pas uniquement en bord de mer. Regardez : nous sommes ici à la Pointe des Piments et la mer, le soleil, le sable font une belle carte postale.
C’est essentiel que les touristes apprécient notre littoral mais nous voulons leur faire découvrir maintenant d’autres facettes de Maurice : la randonnée, l’escalade, la gastronomie, la culture, l’histoire… il y a tant à voir dès qu’on quitte la plage.

LQ: Les Mauriciens sont tous trilingues, français-anglais-créole. C’est un sacré atout, non ?

AG : c’est le résultat de notre histoire. Et cela vient bien au delà car notre île a depuis toujours été un carrefour. De longue date, des Indous, des Chinois, des Malaisiens et tant d’autres se sont installés chez nous.
Avec la grande satisfaction d’une vraie harmonie entre les communautés qui se concrétise au quotidien par une sécurité que l’on ne trouve pas partout dans le monde.Catholiques, anglicans, bouddhistes, musulmans, hindouistes… se côtoient fraternellement et ont à cœur d’organiser chacun les plus belles fêtes de leur religion.
Cela est même devenu un nouveau but de visite à Maurice de milliers de personnes pour la fête de Shiva, l’aïd, la marche sur les braises, ou l’hommage au Père Laval, un missionnaire normand adulé chez nous. Ce côté spirituel de Maurice est aussi à découvrir.

LQ: votre île accueille aujourd’hui 1,3 million de touristes, soit autant que sa population. Vous avez un objectif plus ambitieux ?
AG : Je prends toujours en référence Singapour. Ce pays fait en surface le tiers du notre… et reçoit 17 millions de visiteurs par an.
C’est simple : je veux que nous nous rapprochions de ce chiffre. Nous planifions les équipements pour y tendre dans la prochaine décennie.
Ce n’est pas un hasard si nous avons accueilli la 1ère Conférence internationale sur la digitalisation et le tourisme durable car le numérique et la bonne gestion de l’environnement sont les outils que nous nous sommes choisis pour nous développer et séduire encore plus demain qu’aujourd’hui.
Propos recueillis par Yves Pouchard