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« Allo Ciné » résume ainsi sa carrière : « Alors que son personnage alcoolique et bourru le fait connaître du grand public, il s'engage dans la réalisation de son premier film avec Benoît Delépine, Aaltra. Présenté dans plusieurs festivals internationaux, ce road-movie en fauteuils roulants connaît un beau succès d'estime qui encourage les deux réalisateurs à poursuivre leur collaboration avec Avida, une comédie métaphysique, absurde et surréaliste, projetée en 2006 à Cannes Hors Compétition.
Fidèle à l'esprit contestataire de Groland, le duo réalise ensuite Louise Michel, une comédie noire sur des employés d'une usine décidés à liquider leur patron après une délocalisation sauvage. Porté par Yolande Moreau et Bouli Lanners, le film est notamment récompensé au Festival de San Sebastian où il reçoit le prix du scénario. Deux ans plus tard, les deux amis retrouvent Yolande Moreau aux côtés de Gérard Depardieu, Isabelle Adjani et Benoît Poelvoorde dans Mammuth, leur comédie présentée à la soixantième berlinale ».
« Mammuth », son dernier film, a été salué par la critique en France. Voici ce qu’en dit le site culturel, « Evene.fr » :
« Une histoire de points de retraite et de patrons exploiteurs : 'Mammuth' aurait pu tourner à la comédie décapante sur la brutalité du monde du travail façon 'Louise-Michel'. Il n'en est rien. Soucieux de ne jamais se répéter, Benoît Delépine et Gustave Kervern donnent à leur nouveau film une direction toute autre : sans totalement délaisser l'aspect revendicatif inhérent à leur cinéma, la quête de leur héros devient vite prétexte à une errance pleine de poésie. Chaque image est travaillée ; chaque plan est, comme toujours chez Delépine et Kervern, composé comme un tableau. Les deux réalisateurs parviennent à déceler, dans la marginalité, l'absurde et le quotidien, une beauté insoupçonnée, une grâce presque fantastique. A l'image d'une Isabelle Adjani ensorcelante ou d'un Gérard Depardieu titanesque, les acteurs sont filmés comme s'ils jouaient pour la première fois, avec une sincérité brute, charnelle, sensuelle, presque naïve. La nuée de seconds rôles (Annegarn, Blutch, Poelvoorde, Lanners…) n'apparaît jamais accessoire : le moindre personnage, même croisé quelques secondes seulement, est campé avec une profondeur remarquable, et sert à merveille le récit. Dans ce monde ouaté et hors du temps, où chaque mot est pesé, Delépine et Kervern prennent soin de ne jamais rester trop longtemps du côté de la mélancolie : leur humour, spontané, tombe toujours juste. Onirique, jamais amer malgré la nostalgie qui le traverse, 'Mammuth' est une odyssée revigorante, chaleureuse, drôle. Et une nouvelle pièce magistrale à ajouter à l'oeuvre atypique du duo Delépine-Kervern ».
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