dont le premier livre est consacré au Maha
Shivaratree. Une pure merveille.
De ses bureaux d’Archipelago Production
à Rose-Hill, il projette ses nouvelles quêtes. Dit sa
fascination pour l’île Rodrigues, regrette que
l’île Maurice ait perdu son côté authentique. « L’île Maurice ne me fait plus
vibrer. L’île Maurice a perdu sa créolité. Je
ne sens plus l’odeur du bombli en train de griller ni la pomme
d’amour qui pousse sa plainte et exhale ses saveurs au contact
d’une flamme. Nous avons, je crois, perdu les plus beaux atouts
de notre insularité. L’île Maurice est devenue
hermétique et cosmétique. Nous perdons tous les jours un
élément de notre joyau architectural qui est, sans que
cela n’émeuve personne, remplacé par le
béton de mauvais goût et mal inspiré. À
cette allure l’île Maurice ne sera plus comme avant. Le
projet d’accueillir 2 millions de touristes à Maurice ne
sera qu’un mirage”.
Il reste cependant profondément
attaché à cette île qui demeure pour lui
l’endroit unique pour se ressourcer à travers une
rencontre, un sourire, un regard. « Notre
seule richesse culturelle ce sont désormais les hommes, il faut
veiller à ce que cela aussi ne disparaisse pas ».
Dans « Mon
île », Pierre Argo, homme
d’image passionné et passionnant, dépeint une
île Maurice loin des cartes postales, mais savoureuse comme un
chatini de pomme d’amour…
Dans quel hôtel passeriez-vous vos vacances
?
-Au One & Only
Le Saint Géran. Je n’y suis
pas allé depuis quelque temps mais c’est un hôtel
qui a une âme. Il y a une ambiance extraordinaire là-bas
et la rencontre avec les gens est restée authentique. Le One & Only Le Saint Géran c’est aussi des normes de qualité
exceptionnelles qui prouvent qu’à Maurice on peut faire
quelque chose de niveau mondial. Quelques-uns de mes plus beaux
souvenirs sont liés à cet hôtel. L’Oberoi, qui a su faire la
quintessence de deux grandes civilisations est également un
hôtel qui cadre avec ma notion de vacances Si
j’étais accompagné de jeunes, j’opterai sans
hésiter pour le Coco Beach sur la côte Est.
Qu’est-ce qu’il ne faut pas rater
quand on vient à l’île Maurice ?
La rencontre avec les gens. Le Mauricien est un
être exceptionnel et quand on vient ici il ne faut pas rater
cette rencontre-là. Culturellement qu’a donc
l’île Maurice à offrir ? Le Jardin de Pamplemousses ?
Il est à l’abandon. Les plages ? L’érosion
fait son œuvre dévastatrice sans que personne ne
s’émeuve.
Dans n’importe quel pays où
l’on va on peut s’enrichir culturellement.
L’île Maurice est très pauvre de ce
côté-là. La seule richesse culturelle que
l’on peut apporter c’est notre peuple, donc, à nos
visiteurs, je dis : ne ratez pas votre rencontre avec le Mauricien.
Pour quelqu’un qui songerait à
visiter l’Océan Indien, je recommanderai un trio gagnant :
la Réunion pour la nature, les Seychelles pour ses plages et l’île
Maurice pour son peuple.
Un livre à recommander ?
Les deux tomes de Jean-Claude de L’Estrac, « Enfants de mille races », un livre absolument extraordinaire pour comprendre
l’histoire de l’île Maurice. C’est écrit
sans fard. « Les noms de la honte » d’Alain Romaine qui parle des stigmates de
l’esclavage et le dernier livre de Shenaz Patel, le « Silence de Chagos » pour comprendre la souffrance des déracinés de
l’Archipel de Chagos. J’attends avec impatience le livre
d’Henri Marimootoo…
Un plat à déguster ou un restaurant
à découvrir quand on est à Maurice ?
Bouillon brède chouchou, daube
d’ourite et achard légumes. C’est ma combinaison
gagnante !
Un cadeau à offrir à un visiteur ?
C’est extrêmement difficile de
répondre car ce pays n’a plus grand-chose à offrir.
À réfléchir, le cadeau idéal serait le
sourire d’un Mauricien pris en photo. Un vrai sourire mauricien,
authentique, sentant bon l’hospitalité, oui, je crois
qu’il n’y a rien de mieux à donner à un
visiteur. Je pense que ce sourire-là romprait la grisaille dans
n’importe quelle capitale européenne.
Votre boisson préférée ?
Une bonne limonade avec des limons de Rodrigues,
un bon alouda bazar et un bon thé à la mauricienne.