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1er portail touristique de l’île Maurice et des îles de l’océan Indien
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PRIX DU ROMAN D’AMOUR DU PRINCE MAURICE
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Louise Dean à cœur ouvert



Lauréate du Prix du Roman d’Amour du Prince Maurice avec « Becoming Strangers », Louise Dean est une nouvelle voix (une nouvelle voie ?) qui commence à porter loin dans la littérature anglaise. Admirée par la critique pour son écriture inspirée, son aptitude à retranscrire les émotions et à capter l’essentiel, Louise Dean, Anglaise, vit en France avec son mari critique gastronomique et ses trois enfants. Dans cette interview, réalisée en Français, elle ouvre la porte sur son univers. Louise telle qu’en elle-même. En toute simplicité.


Interview réalisée par Jean-Joseph Permal
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Au soir de votre consécration, vous disiez que vous ne réalisiez pas. Aujourd’hui, avec deux jours de recul, vous avez digéré l’événement ?
- Pas encore tout à fait. Heureusement. Et plus le temps passe, plus je me dis que c’est réellement un bel endroit pour recevoir un Prix Littéraire ! Le pays est magnifique, les gens charmants, l’hôtel royal… Mais je suis comme je suis, j’ai les pieds sur terre. Mon prochain livre, sur lequel je travaille déjà, me rappelle en tout cas que l’écriture est un éternel recommencement.
- Je suis content, enfin, de pouvoir ramener un trophée pour le montrer à mes enfants. Afin qu’ils puissent voir ce que maman, qui est toujours enfermée dans un bureau, a fait ! Ce n’est pas parce que je suis folle que je suis toujours enfermée…
Pas toujours évident le métier d’écrivain sur ce plan ?
- Non surtout quand on a des enfants en bas âge. Il n’est pas facile de s’isoler et ils ne le comprennent pas toujours. En France, où j’habite, les choses sont encore plus compliquées car ils rentrent pour deux heures à midi. Mais les choses vont de mieux en mieux. Ils comprennent ce que je suis entrain de faire et moi j’essaye de les faire entrer petit à petit dans cet univers. Avant de partir pour l’île Maurice mon aîné m’a écrit sur un bout de papier : « Maman je ne veux pas écrire ! ». L’écriture est un long cheminement et il ne faut pas forcer les enfants.
En fait le moment le plus difficile c’est quand je voyage pour faire les recherches pour mes livres. C’est vraiment dur. À ce moment,   la séparation est vraiment difficile.
Vous étiez enceinte quand vous avez écrit « Becoming Strangers ». Est-ce que cela vous a conféré une sensibilité différente pour l’écriture ?
- C’est étonnant que vous me posiez cette question. Oui il s’est passé quelque chose. À tel point que je me suis dit s’il fallait que je sois enceinte à chaque fois pour écrire aussi bien ! J’avais l’impression que nous étions deux à écrire ce livre. J’avais une force, une volonté, une facilité totalement nouvelle.
J’ai tout vécu, je pense, dans ces moments-là : le plaisir d’être enceinte, le plaisir d’écrire. Mais aussi la tristesse d’être témoin de ce qui se passait le 11 septembre avec les Twin Towers qui n’étaient séparés de mon domicile que de deux kilomètres.
Pourquoi êtes-vous parti vivre en France ? De quoi étiez-vous à la recherche ?
- C’est un projet que l’on avait depuis un moment. Mon deuxième mari possède une maison dans le Var en France depuis quelques années et nous songions à
nous y installer. Nous nous y sommes finalement installés pour mener une vie à laquelle nous rêvions : pouvoir vivre entre nous, dans le calme, dans un pays que nous adorons. Nous n’avons pas eu à regretter ce choix. Car c’est aussi un coin idéal pour l’écriture.
Avez-vous douté à un certain moment en écrivant votre livre ?
- Oui c’est un sentiment qui était beaucoup présent pour ce livre-là. Le premier, je l’ai écrit facilement, comme si Dieu parlait, écrivait, à travers les mains. C’est du moins ce que j’avais ressenti, même si mon mari lui soutient que cela n’a pas été aussi facile que ça et que je me mettais souvent en colère quand ça n’avançait pas.
Je pense que quand on écrit on a toujours des doutes, car on ne sait jamais comment ceux qui vont lire vont recevoir le livre. Ce sont des moments terribles, mais salvateurs,   je pense,   car cela permet de ne jamais tomber dans la facilité.
Auriez-vous pu écrire ce livre si vous n’étiez pas Anglaise ?
- Je ne pense pas car il est très imprégné d’un vécu qui je pense est typiquement anglais. La génération que je commémore dans ce livre et qui a connu la seconde guerre mondiale a vécu les choses différemment et je pense qu’il était nécessaire d’être Anglaise pour tout pouvoir retranscrire.
 Une des clés de votre livre c’est que l’amour peut mener à la rédemption. Dans la vraie vie cela-t-il réellement possible ?
Je pense que c’est difficile. Mais c’est un espoir. C’est une possibilité. Mon ex-mari, avec lequel j’ai un fils en commun, n’habite pas trop loin de chez moi. On se revoit sans aucune animosité car tout le monde a le droit, au moins une fois, de se racheter. La rédemption en amour, quoique difficile, existe. Il faut y croire.
Quand vous êtes amoureuse, l’êtes-vous en permanence ?
- Non. Je ne pense pas, en règle générale, que cela soit possible. C’est pour cela aussi que j’ai écrit ce livre. Pour démontrer que si l’amour est très beau, seule l’amitié dure. C’est ce qui nous touche le plus. Mon livre, je le considère plus comme une histoire d’amitié que de l’amour.
Que faites-vous, avec votre mari dans la vie quotidienne pour ne pas devenir des étrangers ?
- (Rire). Parler, parler, parler ! Toujours trouver le temps à se consacrer et se parler. Mon mari s’intéresse à ce que je fais et cela est d’une importance capitale. Il me comprend totalement. Il sait que pour moi l’écriture n’est pas un boulot, mais
quelque chose que je vis intensément. La clé dans tout cela, je pense c’est un respect mutuel que l’on se doit quand on a décidé de lier son destin. C’est veiller en permanence que les deux membres du couple sont entrain de s’épanouir. Et quand vous avez des enfants, comme on a la chance d’en avoir, ça resserre forcément les liens et incite à construire quelque chose de durable.
Tous ceux qui vous ont côtoyé trouvent que vous êtes quelqu’un extrêmement simple. L’êtes-vous vraiment ?
- J’espère que je le suis ! Je suis quelqu’un de très joyeuse avec mes amis, ma famille et j’ai des goûts simples. Les mondanités ce n’est pas trop mon monde. Je suis très mal à l’aise dans ce genre de nid de guêpes. Je suis quelqu’un de très ouvert, mais qui tient farouchement à sa vie privée.
On vous a beaucoup entendu lors des échanges avec les étudiants de l’Université de Maurice. Cet échange vous a manifestement plu…
- Totalement. Je regrette simplement que nous n’ayons pas pu avoir d’échanges plus directs. Les étudiants qui sont venus me parler après la partie « protocolaire » étaient enthousiastes, fascinés par l’écriture. Ils avaient une vraie envie d’apprendre et partager. J’aurais aimé aller beaucoup plus en profondeur, participer à un atelier d’écriture avec eux par exemple. En tout cas cette volonté de s’ouvrir était une tr ès bonne initiative des organisateurs du Prix du Roman d’Amour.
Quel sera le sujet de votre prochain livre ?
- C’est un livre qui aura pour thème la schizophrénie. Le livre commence dans le présent et se termine en 1938. Il commence en Angleterre et finit au Kenya. C’est un livre qui m’a demandé deux ans de recherche et dont j’ai poursuivi l’écriture ici à Maurice.
Faites-vous autant de recherche à chaque livre ?
- Sur « Becoming Strangers », pas beaucoup non. Par contre sur « This Human Season », qui a en toile de fond l’Irlande du Nord, les recherches ont été intensives. J’ai dû faire à peu près 250 heures d’interviews
Quel souvenir garderez-vous finalement de votre passage à Maurice ?
- Le souvenir d’une île différente. En osmose avec elle-même. Fière de son passé et n’ayant pas peur de son avenir. J’ai eu l’impression ici que tout était possible. C’est un pays d’espoir et d’extrêmes. J’ai été surpris de voir à quel point le temps pouvait changer. Le soleil qui succède à la pluie en un rien de temps. C’est un pays où l’on peut se recomposer autant de fois que l’on souhaite.

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© www.ilemaurice-tourisme.info- Rédacteur en chef : Jean-Joseph Permal Tel : 483-8567 | designed by p & c publications ltd
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