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Ils ont regroupé les
productions sur 3 îles : Amboine, Tarnate et Banda,
étroitement surveillées. Dans toutes les
autres îles, les plantations ont été
arrachées pour éviter toute tentation de
contrebande et les précieuses épices
voyagent, de Batavia à Amsterdam, exclusivement sur
les bateaux de la Compagnie Unifiée des Indes
Orientales, ne faisant escale qu’en terre batave : Le
Cap, spécialement construite pour permettre aux
navires hollandais de se ravitailler à mi-route. La
France, elle, possède, outre quelques arpents en
Indes, les îles Mascareignes, administrées
alors par Mahé de la Bourdonnais qui aura une
influence sur le destin de Pierre Poivre.
Qui est Pierre Poivre, cet
étonnant personnage?
Pierre Poivre est né
à Lyon dans une famille modeste de merciers,
autour du 23 août 1719, date à laquelle il
fut baptisé. Ses parents
l’envoyèrent chez les frères pour
faire ses études, il y apprend le latin, la
philosophie et la botanique qui deviendra la passion de
sa vie. Se sentant une vocation missionnaire, il
achève ses études à Paris, aux
Missions Etrangères. Au terme de sa formation,
il choisit d’aller évangéliser les
habitants de l’Extrême-Orient. Il
découvre donc la Chine et la Cochinchine
dès 1740. S’il fait preuve de peu de
prosélytisme religieux, en revanche, il accroit
ses connaissances en botanique et en mentalités
orientales. Il rentre en France pour obtenir une
mission commerciale. Mais le destin veille : le navire
est accosté par un navire anglais et un boulet
ennemi lui arrache la main droite.
Soigné à Batavia, on
l’ampute du bras droit pour cause de
gangrène. Il passe sa convalescence à
compléter ce qu’il a pu sauver de son
herbier et à compléter ses connaissances
sur les arbres à épices, en particulier
les girofliers et muscadiers. Il lui parait
évident alors que la France doit posséder
ces arbres à épices si recherchés,
Il repart vers la France pour mettre son idée
à
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exécution en
faisant escale à Pondichéry d’où
il repart avec La Bourdonnais pour une escale à Port
Louis. De là, embarquant sur un navire hollandais,
il rencontre pour la 2ème fois un navire anglais qui
va le priver, cette fois-ci, de sa liberté : deux
ans à méditer dans l’île de
Guernesey. Huit ans après avoir quitter la France,
il est de retour dans son pays natal, huit ans durant
lesquels il a découvert la Chine, le Viêt-Nam,
la Birmanie, l’Indonésie, l’Inde, les
Mascareignes et … Guernesey, il a perdu sa vocation
missionnaire et son bras droit mais conforté son
intérêt pour les botanique et les
épices.
Obstiné et
déterminé
En France, il multiplie les
voyages entre Paris et Lyon et les audiences au terme
desquelles il finit
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par obtenir d’être
mandaté pour un nouveau voyage en Orient,
mission officielle où, sous couvert de commerce,
il doit essayer de rapporter des épices, muscade
et girofle, à l’île de France.
Hélas, il rentre à l’île de
France les cales pleines de riz, cannes à sucre,
canneliers et poivriers mais vides de girofliers et de
muscadiers.
Mais Pierre Poivre, obstiné
et déterminé, repart à Manille et
réussit à envoyer un émissaire
vers l’île de France, chargé des
noix de muscade mâles et femelles et muni de
toutes les explications nécessaires pour les
faire fructifier, mais jamais elles n’atteindront
leur but. Lui-même revient le 20 octobre 1753
avec « cinq plants enracinés de
muscadiers et un assez grand nombre de noix propres
à la germination ». Il confie ses
précieuses noix à Aublet, botaniste et
conservateur du jardin colonial du Réduit, et
repart. C’est de nouveau une longue errance entre
les îles Célèbes, les Moluques et
les Philippines. Mais il réussit à
trouver quelques plants qu’il rapporte à
l’île de France où il
découvre, atterré, qu’Aublet,
jaloux, a laissé mourir les plants qu’il
lui avait confiés. 10 ans de perdu ! Il
décide de rentrer en France.
De son domaine de la Ferta qui
domine la vallée de la Saône, il
écrit rapport sur rapport durant 9 ans, mais il
ne fait pas que cela : il épouse la jeune
Françoise Robin. Elle n’a que 17 ans, lui
47 mais c’est l’amour fou et une belle
admiration réciproque. A peine marié, le
couple vogue vers l’île de France où
Pierre Poivre est nommé intendant des finances
et des affaires économiques. Le 17 juillet 1767,
il accoste à Port Louis et s’installe avec
sa jeune femme dans la villa Mon Plaisir, sise au
milieu du Domaine de Pamplemousse. Dans ce jardin, il
acclimate toutes sortes de plantes venues du monde
entier, développe la culture de la canne
à sucre et prépare des espaces pour les
arbres à épices. Car Pierre Poivre a de
la suite dans les idées et n’a pas
renoncé à faire de l’île de
France, un centre de production de la muscade et du
girofle. | Suite
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